Le don de plasma : fonctionnement et contre-indications

Pour traiter certaines maladies, le recours à certains traitements spécifiques s’impose. Ces derniers caractérisés par une certaine particularité exigent des actes médicaux spécifiques comme le don de plasma. Donner son plasma est tout aussi important que donner son sang et ses plaquettes. C’est un acte qui permet de soigner des malades hémophiles, souffrant de déficit immunitaire grave ou qui a des problèmes de coagulation. Le plasma est aussi utilisé pour la fabrication de certains produits thérapeutiques et bien d’autres. Découvrons dans cet article comment se déroulent le processus de don de plasma et les contre-indications.

À quoi sert le plasma ?

Le plasma est composé de l’albumine, des immunoglobulines et des facteurs de coagulation. Ces différents composants jouent divers rôles permettant de réaliser l’importance que revêt le don de plasma.

L’albumine est utilisée pour la prise en charge des grands brûlés, des blessés graves et des patients en réanimation. Elle restaure et maintient en effet le système sanguin.

L’immunoglobuline est utile au traitement des personnes atteintes de déficit immunitaire. Également utilisée pour traiter les maladies vasculaires, elle apporte les anticorps nécessaires à la prévention des différentes infections. Les facteurs de coagulation permettent quant à eux de traiter les maladies hémorragiques telles que l’hémophilie.

Qui peut faire un don de plasma ?

Encore appelé le don par plasmaphérèse, il s’agit d’un acte consistant à donner du plasma dans le but de soigner les personnes dont le pronostic vital est engagé. Ces dernières sont des patients souffrants d’une hémophilie, d’un déficit immunitaire, des problèmes de coagulation sanguine. Le don de plasma constitue aussi un apport bénéfique pour la prévention du tétanos chez les personnes non vaccinées et exposées. Il est pratiqué à titre volontaire, de manière anonyme et de surcroît de façon bénévole.

Plusieurs conditions doivent être réunies par les personnes désireuses de faire un don de plasma. Ainsi, ces dernières doivent :

  • Être âgées de 18 ans au moins et de 65 ans au plus ;
  • Être reconnues aptes pour le don par un personnel qualifié ;
  • Avoir un taux de plasma suffisant ;
  • Peser au moins 50 kg.

Les personnes du groupe AB sont particulièrement recherchées, car ils sont des donneurs universels de plasma. Ceci étant, leur plasma peut être transfusé à tous les sujets malades. Le don de plasma des personnes du groupe B est aussi recherché. Mais cela ne signifie pas que les autres groupes sanguins ne peuvent pas donner leur plasma.

Don de plasma : comment ça se passe ?

En France, les besoins en plasma sont très importants. Il est donc possible de donner son plasma à tout moment de l’année. Si vous avez donc envie de devenir donneur de plasma, vous avez la possibilité de le faire toutes les 2 semaines et donc jusqu’à 24 fois par an. Il suffit de s’inscrire sur le site de l’Etablissement Français du Sang ou auprès d’un centre de don. Dès que le besoin se fera senti, un rendez-vous sera fixé pour le prélèvement.

Avant de procéder au don, il est important de suivre certaines procédures. Ces dernières se traduisent par le remplissage de questionnaires ainsi que par un entretien dénommé pré don.

Avant de procéder au don, il est important de suivre certaines procédures. Ces dernières se traduisent par le remplissage de questionnaires ainsi que par un entretien dénommé pré don. Voyons ensemble le processus du don de plasma dans les détails.

Remplir les questionnaires pour le don de plasma

Elles permettent en effet d’assurer la sécurité sanitaire des parties. Les questions posées sont importantes aussi bien pour la santé du donneur que pour celui de la personne qui recevra le sang. Ce faisant, la personne qui octroie le don de plasma est vivement tenue de répondre à tous les questionnaires tout en faisant preuve d’une certaine transparence. La réponse aux différentes questions se matérialise généralement par un oui, un non ou par un je ne sais pas. Les questionnaires visent aussi à rechercher les maladies et les traitements qui pourraient contre-indiquer le don aussi bien pour la sécurité du donneur que pour celle du receveur.

L’entretien pré don

Les questionnaires sont suivis d’un entretien pré don. Il est réalisé par un professionnel de la santé et comprend généralement toutes les questions se rattachant à l’état de santé du sujet qui désire faire le don de plasma. Ce faisant, le donneur peut être amené à parler de ses maladies ; de ses allergies, de ses activités physiques.

Les questions sur ces récents voyages lui seront posées pour rechercher s’il pourrait être porteur d’une maladie transmissible par le sang lors des séjours. En effet, certaines maladies peuvent passer inaperçues ou être silencieuses pendant des mois voire des années. Il revient donc de par les questions de les détecter afin d’éviter tout risque de transmission et de complication pour le receveur malade.

Dans le même temps, il peut être aussi amené à parler de sa vie sexuelle. Le but de ces questions intimes est de rechercher si le donneur est atteint ou non d’une maladie sexuellement transmissible tels le sida, l’hépatite B ou C ou autres.

Tout comme pour le don de sang ou de plaquettes, l’entretien du pré don est aussi capital pour le don de plasma. Cela permet d’avoir une idée claire de la santé du donneur bénévole. Il permet surtout de soupçonner et de détecter des maladies qui passent parfois inaperçues à la fenêtre silencieuse. À l’issue de l’entretien préalable, un document intitulé fiche de prélèvement est signé par le donneur. Cette dernière atteste de son consentement au prélèvement et de la sincérité de ses réponses.

Le prélèvement de plasma

Le prélèvement de plasma consiste à prendre la partie liquide du sang à l’aide d’un séparateur de cellules. Ceci est fait par un professionnel de la santé. Ce type de prélèvement a la particularité de durer plus que le don du sang. En effet, le don de plasma est fractionné en cycles d’une dizaine de minutes. La machine prélève le sang « total », les composants sont séparés, seul le plasma est prélevé. Le cycle est ensuite répété pendant une heure et demie environ. Ceci dit, il permet de recueillir une quantité importante et considérable de plasma ; sois un taux 3 fois supérieur qu’avec un don de sang total.

On installe donc le donneur confortablement et on met en place le matériel. L’opération consiste à prélever jusqu’à 750 ml de plasma du donneur. Le sang circule dans une centrifugeuse qui conserve le plasma. Il retourne au donneur les autres composants du sang que sont les globules rouges, blancs et les plaquettes. Le prélèvement dure en principe 60 minutes. De l’arrivée au départ, il faut toutefois prévoir environ 1 h 30 min

Le plasma recueilli au cours de cette opération à la fois capitale et importante est utilisé de diverses manières. Soit, il est administré par transfusion à un patient en intégralité ou est utilisé pour la fabrication de certains produits thérapeutiques. Dans ce dernier cas, une séparation et un isolement des différents composants du plasma que sont l’albumine, l’immunoglobuline et les facteurs de coagulation sont réalisés. C’est fondamentalement à ces fins que sert le don de plasma. Le plasma peut être conservé pendant une durée d’un an à condition qu’il soit congelé.

Le repos et la récupération

Après le prélèvement, le donneur observe une période de repos sous la surveillance des professionnels de santé. Même si c’est rare, il est possible de ressentir quelques malaises pendant ou après l’opération. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il est conseillé de boire de l’eau avant et après le don. Cette précaution aide à récupérer plus rapidement. Le processus de don prévoit donc un temps de récupération. Pendant ce moment de récupération, le donneur peut prendre une collation et boire suffisamment.

Comment préparer son organisme au don de plasma ?

Au-delà des conditions d’aptitudes citées un peu plus haut, il est important de suivre quelques conseils pour que le don se déroule dans les meilleures conditions. Ainsi :

  • Soyez en forme : ne faites pas le don lorsque vous vous sentez fatigué ou lorsque vous ressentez une douleur ou un gène
  • Evitez de venir à jeun : ceci dit, avant de faire le don, prenez tout au moins votre petit déjeuner ou déjeuner bien équilibré
  • Hydratez-vous : avant le don de plasma ou après ce dernier, n’hésitez pas à prendre une collation ou de l’eau
  • Evitez les boissons alcoolisées dans les heures qui suivent votre acte de donation

Les règles de sécurité prises

Compte tenu de l’importance de l’opération, plusieurs dispositions sont prises pour assurer la sécurité de la donation. Ses dispositions assurent bien la sécurité du donneur que du receveur. Pour ce faire :

  • Au cours de l’entretien pré don, le médecin s’assure de l’aptitude du donneur. Il s’assure que le prélèvement ne comporte aucun risque.
  • Le matériel utilisé pour le prélèvement est stérile et à usage unique.
  • Le volume prélevé de plasma est ajusté en tenant compte du volume sanguin circulant du donneur.
  • Les prélèvements effectués chez le donneur sont étiquetés en vue de permettre une certaine traçabilité. Le don de plasma étant une opération très importante, en cas de la découverte d’une anomalie dans le processus, le donneur est automatiquement averti.
  • Un dernier contrôle est réalisé pour vérifier la compatibilité entre le donneur et le receveur.

Les contre-indications

Elles sont couramment définies sur la base de critères épidémiologiques et médicaux. Malgré la volonté du donneur, il se peut que le médecin n’autorise pas la donation de plasma. Cette interdiction intervient généralement pour assurer la sécurité du donneur ou du receveur. Dire de façon plus explicite, toutes les contres indications ont deux objectifs principaux : s’assurer que le don est sans danger pour le donneur et pour le receveur. Elles peuvent être temporaires ou définitives.

Les contres indications temporaires

Ils présentent des critères modifiables dans le temps. Parmi les contre-indications temporaires existantes, nous avons :

  • L’âge : Le don de plasma est interdit sauf en cas d’une dérogation particulière aux mineurs et aux personnes âgées de plus de 65 ans.
  • L’accouchement : En cas d’accouchement, il est conseillé d’attendre 6 mois avant de faire une donation de plasma.
  • L’allergie : Dans ce cas précis, la meilleure solution est d’attendre la fin des symptômes des allergies.
  • L’anémie : Les personnes anémiées sont des sujets dont le taux d’hémoglobine est trop bas. Pour ces derniers, ils doivent attendre la correction de l’anémie pour pouvoir donner de plasma. Ils doivent observer le temps de recharge des globules rouges et du fer qui est de 8 semaines. Toutefois, pour des mesures de sécurité, il serait préférable de lui octroyer un délai de 2 mois pour qu’il se régénère totalement. Après l’écoulement de ce délai, le sujet pourrait effectuer le don de plasma sans aucune crainte.
  • La prise des antibiotiques : L’antibiotique étant généralement prescrit dans le cadre du traitement d’une infection, il est conseillé d’atteindre 15 jours après la fin des traitements pour pouvoir faire la donation. La raison est pourtant très simple. Une telle précaution est prise, car l’infection peut reprendre en quelques jours même si l’on pense qu’elle est terminée. Par prudence, le délai de 15 jours doit être observé.
  • L’allaitement : Tout comme l’accouchement, il est prouvé d’attendre la fin du 6mois avant de faire une donation de plasma.
  • L’endoscopie : Dans ce cas précis, il est conseillé d’attendre 4 mois avant de faire le don de plasma.
  • La fièvre : Lorsque la température est au-dessus de la normale, vous êtes fiévreux. Dans ce cas précis, il est recommandé d’attendre 15 jours après la fin des symptômes et de la fièvre.
  • Le paludisme : Lorsque l’on se rend dans un pays touché par le paludisme, il est plus important d’attendre un délai de 4 mois avant de procéder à une donation de plasma. Ce délai dépend au fait du temps d’incubation de la maladie. Si le donneur présente des antécédents de paludisme, il faut attendre 3 ans. Une si longue durée est nécessaire, car la maladie peut rester logée dans le foie sans se manifester.
  • Le piercing, le tatouage et la transfusion : Il est conseillé de laisser écouler un délai de 4 mois avant de faire le don de plasma.

Les contre-indications permanentes

Encore appelées les contre-indications définitives, elles sont interdites aux personnes souffrantes des maux suivants :

  • Cancer même guéri
  • Conjoint atteint du SIDA ou d’une hépatite C
  • Hépatite B et C
  • La cirrhose du foie
  • Le diabète nécessitant de l’insuline
  • Infarctus du myocarde
  • Insuffisance coronarienne
  • La neurochirurgie
  • Une maladie auto-immune comme la sclérose en plaques et les partenaires homosexuels ou multi partenariat.

Vous aurez plus de détails sur la fiche de renseignement mis à la disposition par les Maisons de Don.

Guillaume

A propos de l'auteur: Guillaume

Hématologue dans un grand centre hospitalier en région parisienne, je gère le site dondusang.net depuis 2019.

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