Saignement Règle ou Grossesse : Comment faire la différence ?

Tout au long de sa vie, la vie intime d’une femme est marquée par des évènements ou des changements particuliers. Parmi eux, il y a les menstruations, qui apparaissent dès la puberté, et la grossesse lorsqu’il y a fécondation. L’indice principal qui permet de reconnaitre l’apparition des règles est la perte de sang. Cependant, dans la plupart des cas, il y a également écoulement de sang lors de la nidation du fœtus, en cas de fécondation ou même en dehors des périodes de menstruations. Il importe alors de savoir faire la différence entre ces différents types de saignements.

Bref rappel sur les règles et la grossesse

Les règles et la grossesse sont deux évènements majeurs de la vie d’une femme. Tandis que l’un marque objectivement son entrée dans la fertilité, l’autre la confirme. En réalité, le cycle ovarien de la femme ne débute pas avec la première apparition de ces évènements, mais bien d’années plus tôt. Il comporte quatre phases principales (menstruations, phase pré-ovulatoire, phase ovulatoire, phase post-ovulatoire) qui possèdent chacune leurs particularités.

Les règles

De la puberté à la ménopause, les règles constituent un phénomène naturel et capital dans la vie d’une femme. Elles se manifestent chaque mois par des saignements sur une période allant de 2 à 7 jours. La fréquence et la durée des règles varient d’une femme à une autre. Le sang qui s’écoule provient en effet de la destruction de la muqueuse utérine qui s’était épaissie pour accueillir un éventuel fœtus au cas où l’ovule libéré aurait été fécondé. Avant et pendant les premiers jours des menstrues, la majorité des femmes ressentent des douleurs au bas ventre, à cause de la paroi utérine qui se contracte afin d’expulser l’ovule non fécondé et l’endomètre.

Juste avant ces périodes, les femmes peuvent être sujettes à des changements d’humeur : c’est le syndrome prémenstruel. Il se manifeste par de la tristesse, de l’irritabilité, des difficultés à se concentrer ou même des maux de tête. Tout au long des menstrues, l’hygiène intime est assurée par des serviettes hygiéniques ou des tampons.

Il peut arriver que les règles n’apparaissent pas ou accusent du retard pour des cycles irréguliers. Néanmoins, il faut penser à l’éventualité d’une grossesse.

La grossesse

Encore appelée gestation, la grossesse est l’ensemble des étapes du développement d’un embryon dans l’utérus et aboutit à terme à la naissance d’un bébé. Elle apparait suite à la fécondation d’un ovule pendant ou après un rapport sexuel. Tout au long de la grossesse, plusieurs examens sont nécessaires afin de s’assurer du bon état de santé du fœtus qui grandit progressivement. Le principal d’entre eux et l’échographie.

Une grossesse entraine un bon nombre de modifications, aussi bien physiques que physiologiques. Il peut s’agir de vergetures, d’intolérance à certains aliments, d’une prise de poids, de troubles d’humeur ou de sommeil. Certaines femmes les tolèrent mal et il peut s’en suivre des maladies ou des complications. On parle dans ce cas de grossesse à risque. Il est conseillé d’adopter des habitudes et une alimentation saine pendant cette période, même si cela devrait être le cas en dehors du contexte de grossesse. Voici quelques signes annonceurs d’une grossesse :

  • L’absence des règles ou aménorrhée : même si ce signe est concret, il faut attendre quelques jours puisque certaines femmes ont un cycle irrégulier ;
  • Des seins sensibles : juste avant les règles, les seins sont douloureux et lourds, mais dans le cas d’une grossesse, ces symptômes persistent ;
  • Les troubles de sommeil : ils entrainent un état de fatigue et sont dus à la progestérone qui exerce un effet sédatif et calmant ;
  • Une vessie irritée : durant toute la grossesse, la femme enceinte a une envie fréquente d’uriner parce que l’utérus qui augmente de volume progressivement exerce une pression sur la vessie et les autres organes environnants ;
  • Les troubles digestifs : même s’ils sont anodins, ils apparaissent au cours du premier trimestre de la grossesse et se manifestent par des nausées, une hyper salivation, un changement de goût, une augmentation de l’appétit, un ballonnement ou une constipation, etc.

En temps normal, les règles n’apparaissent pas pendant toute la durée d’une grossesse. Toutefois, des saignements peuvent se manifester, mais on parle plutôt d’écoulement sanguin. Cela peut être dû à la nidation ou à une fausse couche. Il n’y a pas de raison de paniquer tant que l’on n’est pas sûr de son état. Le mieux serait de consulter un gynécologue.

Les causes des saignements en début de grossesse

D’après une étude, 25 % des femmes ont des saignements durant les trois premiers mois de la grossesse. Ils peuvent avoir lieu en début comme en fin de grossesse et résultent de différentes causes. Les conséquences sur la grossesse sont également différentes. Quoi qu’il en soit, un professionnel est le mieux placé pour intervenir.

  1. Les saignements de la nidation

Après la fécondation d’un ovule, de très légers saignements peuvent survenir pendant que l’œuf s’implante dans la muqueuse utérine. Cette implantation a lieu environ 7 à 8 jours après la fécondation. Ce type de saignements est assez bénin et n’a aucune conséquence sur la progression de la grossesse.

  1. Les grossesses extra-utérines ou GEU

Elles ont lieu lorsque l’œuf, au lieu de s’implanter et se développer au sein de la cavité utérine, se développe en dehors de l’utérus. Cela peut être dans l’une des trompes utérines, au niveau de l’ovaire, dans le col utérin ou même dans la paroi abdominale. Les GEU provoquent généralement des écoulements de sang noirâtres, survenant avant la date normale des règles. Elles entrainent également des douleurs intenses au niveau du bas ventre et peuvent facilement être prises pour des règles. En principe, une grossesse extra-utérine est interrompue puisqu’elle présente un risque énorme pour la femme enceinte et peut conduire à une ablation définitive des trompes.

  1. Les fausses couches

Il s’agit d’un arrêt spontané de la grossesse, touchant environ 15 grossesses sur 100. Elles se manifestent généralement au cours du premier trimestre de la gestation et provoquent des pertes de sang suivies de douleurs au bas ventre sur une période plus ou moins courte. Le produit de la grossesse peut être éliminé naturellement, mais certains cas nécessitent un traitement médicamenteux ou une aspiration.

  1. Un hématome décidual

Encore appelé décollement placentaire partiel, cet hématome se forme suite à un léger décollement du futur placenta, au moment de la nidation. Il peut entrainer de légers saignements bruns et n’empêche pas le bon déroulement de la grossesse. D’ailleurs, il disparait de façon spontanée. Il faut quand même retenir qu’il peut s’aggraver progressivement et conduire à une fausse couche.

  1. Les grossesses molaires

C’est une forme de complication assez rare qui est due à une anomalie chromosomique. Dans ce cas, le placenta se développe de façon anormale sous forme de kystes. Le développement de l’embryon est aussi anormal dans 90 % des cas. La grossesse n’aboutit donc pas. Les grossesses molaires provoquent d’importants saignements ainsi qu’une augmentation du volume utérin. Elles peuvent aussi conduire à une fausse couche.

  1. Les règles anniversaires

On parle de «règles anniversaires» lorsque, pendant la grossesse, des saignements ont lieu à la date prévue des règles. Ces saignements sont légers et n’entrainent aucune douleur. Ils sont assez rares et leur cause n’est pas encore connue. Cela peut aussi bien être un hématome décidual, un dérèglement hormonal, qu’un saignement dû à la nidation. Dans tous les cas, il n’y a pas d’impact majeur sur l’évolution de la grossesse.

En dehors de toutes ces causes, il est possible qu’un saignement survienne pendant la grossesse, au niveau du col de l’utérus, suite à un toucher vaginal (chez le gynécologue) ou à un rapport sexuel.

Les causes les plus graves liées aux saignements au cours de la grossesse demeurent les fausses couches, les grossesses extra-utérines et les grossesses molaires. Peu importe le type de saignements, une consultation chez le gynécologue s’impose pour une prise en charge rapide afin d’éviter toute complication.

Quelques différences entre les règles et les saignements de grossesse

Tout d’abord, il est important de faire cas d’un type de saignements appelés spotting. Ils se différencient des règles et peuvent survenir au cours du cycle comme pendant les trois premiers mois de gestation. Ce sont de légers saignements vaginaux, laissant juste des taches brunes sur les sous-vêtements. Un retard de règles suivi de spottings indique une probable grossesse. Il ne faut surtout pas paniquer puisqu’ils touchent un bon nombre de femmes enceintes. Ce n’est pas forcément les prémices d’une fausse couche. En consultant un médecin, une sage-femme ou un gynécologue, la cause pourra être identifiée.

Il est possible de se baser sur la consistance, l’importance et la durée des saignements pour différencier les règles des saignements de grossesse. Même si les menstruations diffèrent d’une femme à une autre (elles sont abondantes dans certains cas et légères dans d’autres), la différence peut être faite. Elles ont une durée de 2 à 7 jours.

Par exemple pour un saignement de nidation, les saignements s’apparentent à de petites taches. Ils sont très légers, de couleurs rosâtre ou marron foncé, et ont une durée allant de quelques heures à deux jours. On peut donc facilement les différencier des règles. Dans le cas des fausses couches ou des grossesses molaires, les saignements sont assez vifs et abondants. Cependant, il n’est pas conseillé de s’établir un diagnostic soi-même sur la base de ces différences. Tout saignement durant la grossesse doit être signalé au médecin ou au gynécologue qui s’occupe du suivi.

Plus de détails sur les règles anniversaires

À proprement parler, les règles anniversaires ne sont pas des règles. Ce sont des saignements appelés « métrorragies » qui interviennent dans l’intervalle des trois premiers mois de grossesse. Dans certains cas rares, ils ont lieu à la date prévue, des règles, d’où l’appellation de règles anniversaires. Ils ne découlent pas de l’écoulement de la muqueuse utérine comme c’est le cas pour les menstruations.

L’origine du sang écoulé

Comme cela a été précisé plus haut, ce type de saignements peut être dû à la nidation de l’ovule fécondé, à la formation d’un léger hématome ou à la fragilisation du col de l’utérus. C’est un phénomène courant au moment de l’implantation donc il n’y a pas lieu de s’inquiéter pour autant. La cause peut être également hormonale suite à une modification du fonctionnement du corps. Il faut noter que les causes sont inconnues dans la plupart des cas, il est donc essentiel de consulter un médecin ou un gynécologue.

Les caractéristiques des règles anniversaires

Même s’ils sont associés aux menstruations, les règles anniversaires diffèrent en plusieurs points des règles habituelles. Voici quelques-uns de ces points :

  • Une coloration marron ;
  • L’absence de douleurs dans la majorité des cas ;
  • Des saignements moins abondants en comparaison avec les menstruations ;
  • Une durée moins longue par rapport à celle des règles habituelles.

Les règles anniversaires et le déni de grossesse

Dans certains cas plus complexes, les règles anniversaires sont présentes tout au long des 9 mois de gestation. Cela survient lors d’un déni de grossesse, où tout signe de grossesse est nié psychologiquement par la femme enceinte. Ces règles artificielles se mettent donc en place chez les femmes qui passent par cette phase mystérieuse. La grossesse est pratiquement camouflée par le corps et un test de grossesse peut même s’avérer négatif dans certains cas.

Le phénomène de déni de grossesse est si complexe que les médecins n’arrivent pas encore à l’expliquer. Étant donné que le cycle menstruel est maintenu, ce type de grossesse peut survenir même avec l’utilisation d’un contraceptif. Il est important de comprendre qu’il ne s’agit pas d’une illusion parce que le corps lui aussi ne présente aucun signe de grossesse. Dans certains pays, le déni de grossesse est associé à un déni de parentalité.

Les examens médicaux en cas de saignements

En fonction des symptômes que présente la femme enceinte et du stade de la grossesse, le gynécologue ou la sage-femme effectuera toutes sortes d’examens. On peut citer :

  • La palpation de l’abdomen ;
  • L’examen du col de l’utérus ;
  • L’échographie ;
  • La prise de sang pour mesurer le dosage de l’hormone bêta HCG, une hormone de grossesse.

En général, les règles anniversaires n’affectent pas bon déroulement de la grossesse.

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