Quelle est l’espérance de vie en France en 2020 ?

L’espérance de vie humaine constitue l’un des indicateurs dont on se sert le plus dans le monde pour faire de la prospective ou effectuer des projections démographiques. De plus, elle est d’un aide précieux dans la détermination du niveau de développement et permet d’évaluer l’indice de développement humain d’un pays. Cet indicateur qui quantifie les conditions de mortalité pour une année donnée, ne doit pour autant pas être considéré comme une prévision des probabilités de décès pour les années futures. Dans cet article, nous nous intéressons au cas particulier de la France.

En France, l’espérance de vie est toujours en progression

En 2019, l’espérance de vie à la naissance était de 79,8 ans pour les hommes et 85,7 ans pour les femmes en France métropolitaine.

D’après l’Insee à qui l’on doit ces statistiques, l’espérance de vie des hommes s’est accrue de 13 ans durant les six dernières décennies. La gent masculine a donc légèrement mieux fait que les femmes dont l’espérance a augmenté de 12,3 ans au cours de la même période. Mais, bien entendu, les femmes continuent de jouir d’une espérance de vie plus élevée que les hommes.

Les gains attribués aux femmes sont plus lents que ceux des hommes depuis les années 1990. En conséquence, on note un resserrement de l’écart entre les deux sexes. Celui-ci qui était de huit ans et trois mois en 1992 n’atteignait plus que six ans vingt-cinq plus tard, c’est-à-dire en 2017. Depuis, il se maintient à ce niveau. Les modes de vie des femmes s’apparentent de plus en plus à ceux des hommes, aussi bien en ce qui concerne le temps de travail que les métiers exercés. Il en est de même pour ce qui a trait à la consommation de tabac ou d’alcool. Dans le même temps, l’inégalité entre les femmes et les hommes demeure conséquente en matière d’espérance de vie.

L’espérance de vie des hommes en 2020 est ainsi la même que celles des femmes durant les années 1980. Et on estime en tenant compte du rythme actuel de rapprochement que l’égalité entre homme et femme ne pourrait pas survenir avant soixante ans. Autant dire que le niveau de santé des seniors diffère encore largement d’un sexe à l’autre. ParamedSanté vous tient informés de l’actualité de la santé touchant aux deux sexes.

Les facteurs impactant positivement l’espérance de vie sont multiples. Avec le temps, les conditions de vie s’améliorent et le travail perd de sa pénibilité. Par ailleurs, on note une baisse du nombre d’heures de travail. Étant plus qualifiés, les salariés ont leur santé de plus en plus à cœur. Ils adoptent une meilleure hygiène de vie et une meilleure alimentation. Ils accèdent également plus aisément aux soins.

La qualité de ces soins de même que l’innovation sont déterminantes dans l’allongement de l’espérance de vie, mais il ne faut pas exagérer leur importance. En effet, il n’y a que des relations diffuses au sein des pays avancés entre l’espérance vie et le système de soins. Les progrès ayant le plus permis l’augmentation de la durée de vie au cours des dernières années sont surtout à chercher du côté des personnes du troisième âge. Par exemple, la mise sur pied de meilleurs traitements anti-cancéreux et de meilleurs remèdes contre les maladies cardio-respiratoires ont permis d’améliorer la santé des seniors.

Que réserve le futur ?

L’Insee se base sur les évolutions présentes pour élaborer un scénario « central » de projection démographique. Ce dernier situe à 93 ans l’espérance de vie des femmes et à 90 ans celles des hommes en 2070. Il faut noter toutefois que les progrès sont plus lents depuis l’entame des années 2010. L’espérance de vie n’a plus ainsi évolué :

  • chez les hommes, de 2014 à 2016 ;
  • chez les femmes, de 2011 à 2015.

Il est tout à fait possible que l’espérance de vie atteigne un niveau plafond. Cependant, les experts pensent que le moment n’est pas encore venu de tirer de telles concisions. L’espérance de vie est partie à la hausse en France depuis 2016.

La santé des seniors et donc les progrès de l’espérance de vie seront directement liés dans l’avenir à l’aptitude de la médecine à limiter les impacts du vieillissement. L’espérance de vie continuera également sans doute de croitre avec la découverte de procédés révolutionnaires pour régénérer les organes dont les fonctions s’abîment. Les progrès de la longévité dépendront par ailleurs de la manière dont les modes de vie évolueront. Les éléments à surveiller de près sont notamment la consommation de tabac et d’alcool d’une part et le poids du travail d’autre part.

En ce qui concerne le poids du travail, il est important de garder à l’esprit que le nombre d’heures travaillées ainsi que les conditions d’exercices jouent un grand rôle dans l’espérance de vie. Ainsi, l’apparition d’emplois peu qualifiés et physiquement pénibles tels que les livreurs à domicile aura un impact négatif sur la durée de vie. Toute la question est de savoir si notre société tend vers l’émergence de métiers moins usants pour l’organisme ou non. De la réponse à cette interrogation fondamentale dépend l’évolution de l’espérance de vie dans le futur.

Espérance de vie des seniors (+ de 60 ans)

Quand on s’intéresse particulièrement à la santé des seniors, l’espérance de vie à la naissance n’est pas un indicateur fiable. En effet, elle se calcule en prenant en compte les décès à tous âges, même ceux ayant eu lieu avant la retraite. Depuis les années 1950, la baisse prononcée de la mortalité infantile est d’ailleurs l’une des causes majeures de l’augmentation de l’espérance de vie à la naissance.

Il convient donc de se pencher spécifiquement sur d’autres types d’espérance de vie que celle à la naissance. À ce sujet, il est intéressant de noter qu’à partir de 60 ans, les seniors de sexe masculin peuvent espérer encore vivre pendant 23,4 ans en France. Quant aux femmes seniors ayant atteint le même seuil, elles peuvent espérer encore vivre pendant 27,8 ans. Ces prévisions ont été élaborées par les statisticiens de l’Insee. Elles permettent à un retraité de savoir à peu près le nombre d’années qu’il lui reste à vivre.

Il faut noter que tout comme l’espérance de vie à la naissance, celle à 60 ans est à la hausse. Cependant, il s’agit d’une hausse bien moindre, les seniors des deux sexes ayant engrangé un an d’espérance de vie de plus entre 2009 et 2019.

Quel est le bon âge pour partir à la retraite ?

Quand on aborde le sujet de l’espérance de vie, celui de l’âge idéal de départ à la retraite n’est pas bien loin. Mais, il serait hasardeux de ne considérer que les données sur l’espérance de vie pour trouver réponse à cette question. En effet, elle ne tient pas compte de la santé des seniors et plus généralement de la qualité de vie des retraités. C’est la raison pour laquelle il est souvent mis en avant un autre indicateur plus complet. Il s’agit de l’espérance de vie « en bonne santé ». Calculée suivant une méthodologie similaire, l’espérance de vie « en bonne santé » prend cependant en compte la durée de vie moyenne « sans limitation irréversible d’activité dans la vie quotidienne ni incapacités ».

Pour recueillir les données sur l’espérance de vie « en bonne santé », l’Insee a réalisé une large enquête auprès de 14 000 ménages français en 2018. Une seule question leur était adressée à savoir : « Êtes-vous limitée, depuis au moins six mois, à cause d’un problème de santé, dans les activités que les gens font habituellement ? ». Et au terme de cette enquête, l’Insee a pu déterminer que les hommes avaient une espérance de vie « en bonne santé » de 63,4 ans tandis que pour les femmes, cette espérance de vie s’établissait à 64,5 ans. Ces données sont à rapprocher de la moyenne de celles des pays membres de l’Union européenne.

Cela suffit-il cependant à affirmer que les actifs français sont bons pour la retraite à 63 ou 64 ans ? Rien n’est moins sûr, car l’espérance de vie en bonne santé ne constitue également qu’une moyenne. Elle inclut aussi bien les handicaps de naissance que les affections génétiques ou encore les accidents. Ce sont autant de facteurs qui ne font pas partie des incapacités en rapport avec l’âge et ne sont donc pas directement liés à la santé des seniors.

En conséquence, quelques spécialistes ne manquent pas de plancher aussi sur l’espérance de vie en bonne santé à 65 ans. Le service de statistique relevant du ministère des Solidarités et de la Santé a ainsi publié en 2018 des chiffres sur le sujet. Sans incapacité, l’espérance de vie d’un homme à cette date était de 10,1 ans alors que celle d’une femme montait à 11,2 ans.

Il ressort de cela que l’espérance de vie en bonne santé à la naissance ne constitue pas un bon indicateur de l’état de santé des actifs français proches de l’âge de la retraite. Toutefois, elle prouve qu’il n’est pas évident de jouir d’une bonne santé quand on a soufflé ses 63 ou 64 bougies. Ce qu’il faut surtout retenir, c’est que l’espérance de vie sans incapacité est bien inférieure à l’espérance de vie classique.

0 replies

Leave a Reply

Want to join the discussion?
Feel free to contribute!

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *