Peut-on donner son sang après une intervention chirurgicale ?

 

Les personnes intéressées par cet acte généreux et solidaire doivent répondre aux exigences de l’établissement français du sang (EFS). Avant toute décision, un médecin ou un infirmier spécialisé reçoit chaque candidat et le soumet à un entretien confidentiel. Son analyse et son appréciation prennent notamment en compte les contre-indications prévues par l’arrêté interministériel qui régit ce domaine. Découvrez dans quelles conditions vous pouvez donner votre sang après une intervention chirurgicale.

Don de sang, un acte réglementairement encadré

Le don de sang représente un prélèvement intraveineux gratuit et sans aucune compensation financière. Il s’effectue par un personnel médical spécialisé et ne génère aucune douleur particulière. Il constitue un acte de générosité et de solidarité pour sauver les vies des individus en manque de sang. En effet, nous avons besoin d’environ 4 à 6 litres de ce précieux liquide pour que notre organisme fonctionne normalement. En cas de déficit, les docteurs doivent en fournir en urgence au corps humain. Malheureusement, il ne se fabrique pas en laboratoire. Seuls des donneurs peuvent alimenter les banques de sang. Une directive européenne a formellement fixé leurs critères de sélection. Les autorités françaises l’ont transposée sous forme d’arrêté ministériel.

La procédure reste assez simple. Toute personne désireuse de faire don de son sang se rend dans un centre spécialisé. Elle peut aussi contacter l’EFS pour connaitre les calendriers et les endroits des campagnes de prélèvements. Sur place, un médecin ou un infirmier qualifié le prend automatiquement en charge. Avant toute décision, il le soumet à un entretien prédon. En cas d’avis positif, le spécialiste récupère 400 ml en moyenne par donneur. Il stocke les plaquettes et plasmas en attente de la demande. La démarche diffère un peu dans le cas du don du sang par aphérèse. Cela implique une séparation des cellules après le prélèvement. Le médecin réinjecte au donneur les éléments non recherchés.

Don de sang, un délai réglementaire après une intervention chirurgicale

Les candidats à cet acte de générosité doivent avoir entre 18 et 70 ans. Seules les personnes en bonne santé peuvent participer à cette opération. Vous devez peser au minimum 50 kilos et justifier d’une pleine forme physique. La loi interdit aux femmes enceintes et celles qui ont accouché depuis moins de 6 mois d’y prendre part. Vous ne pouvez effectuer un don de sang que 4 mois après votre dernière intervention chirurgicale. Cette disposition vise à protéger les candidats. Elle permet d’éviter que votre élan de générosité et la volonté de porter assistance aux autres ne nuisent à votre propre santé. Cette précaution aide à prévenir les risques de contamination. Cette réglementation s’applique aussi à la chirurgie esthétique. Ne donnez pas votre sang si vous devez subir très prochainement une augmentation ou une réduction mammaire, une liposuccion, une abdominoplastie, un lifting des bras et des cuisses, une modification du visage ou des fesses, etc. Après de telles interventions, patientez au moins 4 mois pour accomplir cet acte généreux. Nous vous recommandons de prendre préalablement l’avis du spécialiste qui vous a suivi. Par contre, vous sortez définitivement du cercle des potentiels donneurs en cas d’antécédent à une chirurgie de l’encéphale ou de l’œil intervenue avant 2011. Ne vous offusquez pas si une contre-indication vous empêchait de donner votre sang au moment voulu. Vous pouvez vous présenter après un délai d’ajournement de 8 semaines. Les hommes peuvent accomplir cet acte de solidarité 6 fois par an. La loi limite ce nombre à 4 chez les femmes.

Une opération de chirurgie esthétique ne vous empêche pas de donner votre sang si vous vous conformez au délai réglementaire prévu par la loi !

Dons de sang, les autres contre-indications réglementaires

Les autorités sanitaires ont prévu d’autres exigences à prendre en compte lors de l’entretien prédon.

Les contre-indications liées à votre état de santé ou aux antécédents médicaux

Vous ne pouvez donner votre sang qu’après 07 jours d’attente suite à un traitement de carie ou à un détartrage. Cela permet de s’assurer qu’aucune bactérie n’a transité dans votre plasma. L’arrêté ministériel vous autorise à fournir ce précieux liquide 2 semaines :

  • après une cure d’antibiotiques ou de certains médicaments comme le Roaccutane® ;
  • après une infection ou une fièvre de plus de 38 ° C.

Le médecin vous demandera de repasser un peu plus tard si vous aviez souffert d’angine, de bronchite, de fièvre ou de rhino les 6 derniers jours précédents votre présentation au centre de prélèvement. Vous attendez 4 semaines après les vaccins comme la fièvre jaune, la rougeole, la rubéole, les oreillons ou le BCG. Ce délai s’impose également après un examen endoscopique. Vous ne pouvez accomplir cet acte généreux que 3 ans après une crise de paludisme. Après un contact avec une personne atteinte d’une pathologie contagieuse, le temps d’attente dépend essentiellement de la période d’incubation.

Vous ne pouvez pas donner votre sang si vous souffrez des affections transmissibles par le sang comme les hépatites virales, la syphilis, le VIH, le HTLV ou la maladie de Chagas. Les personnes soumises à un traitement hormonal de croissance avant 1989 ne peuvent pas non plus accomplir cet acte de générosité. Les individus avec des prédispositions familiales à la maladie à prion sortent également du cercle des donneurs. Cela concerne aussi les gens avec des antécédents de greffe de cornée, de dure-mère, de transfusion ou de greffe.

Contre-indications relatives à des pratiques personnelles

La loi interdit le don de sang aux individus qui ont des antécédents avec la drogue ou les substances dopantes. Après un tatouage et la pose de piercings, vous devez attendre une période de 4 mois avant de prétendre à ce geste de générosité. Ce même délai s’impose après une acupuncture ou une mésothérapie exécutée avec des aiguilles non personnelles et à usages multiples.

Les contre-indications liées à des pratiques sexuelles

Vous ne pourrez pas donner votre sang pour sauver d’autres personnes si vous avez entretenu des relations charnelles avec différents partenaires au cours des 4 derniers mois. Cette disposition ne s’applique pas aux rapports entre femmes uniquement. Cette interdiction frappe les individus qui ont eu des accointances sexuelles avec différents hommes pendant les 12 derniers mois. Toutefois, ils peuvent donner leur sang dans certains cas bien spécifiques. Vous devenez inéligibles à cet acte de générosité lorsque vous aviez entretenu :

  • des relations sexuelles en échange d’argent ou de drogue dans les douze derniers mois ;
  • des rapports charnels avec une personne atteinte de VIH, d’hépatite virale B ou C sur la dernière année écoulée.

Cette disposition s’applique également à vous lorsque votre partenaire sexuelle absorbe de la drogue ou des substances dopantes. Vous subissez cette interdiction si votre complice au lit se prostitue en échange de l’argent ou de stupéfiants. L’infirmier évaluera votre vie sexuelle sur les 12 derniers mois pour prendre sa décision.

Les contre-indications liées à un séjour à l’étranger

Les médecins de l’EFS s’intéressent également aux localités visitées récemment par les personnes désireuses d’effectuer un don de sang. Ils pourraient vous ajourner pour une période de 1 à 4 mois si vous vous êtes rendu dans les Tropiques, en Amérique latine, au Proche-Orient ou au Moyen-Orient, etc. Certaines maladies spécifiques sévissent dans ces contrées. Par précaution, ils vous demanderont de revenir après la période d’incubation. Ils prennent des mesures particulières pour les personnes qui ont séjourné pendant plus d’un an au Royaume-Uni entre 1980 et 1996. Cela permet de prévenir toute contamination à la « maladie de la vache folle ». En général, 80 % des ajournements au don restent temporaires. Le candidat a donc la possibilité de se présenter à nouveau après le délai recommandé par le médecin de l’EFS.

Don de sang, quand y aller ?

Vous pouvez accomplir cet acte de générosité à tout moment. Pour éviter tout ajournement, nous vous suggérons de prendre connaissance du questionnaire prédon. Assurez-vous que vous ne tombez pas sous le coup d’une contre-indication. Rendez-vous à l’emplacement à jeun. Nous vous déconseillons de pratiquer des activités de longue haleine dans les heures qui suivent cette opération. Par exemple, évitez de passer énormément de temps au volant. Ne restez pas non plus debout de façon prolongée. Reposez-vous pour prévenir toute fatigue.

Don de sang, où se rendre ?

 

Des équipes mobiles mènent régulièrement des campagnes de sensibilisation pour convaincre les citoyens d’accomplir cet acte de générosité. N’hésitez pas à les visiter si vous tombez sur elles. Vous avez aussi la possibilité d’aller directement sur le site dondesang.efs.sante.fr. Vous pouvez y ouvrir un compte pour disposer d’un espace personnel. Vous découvrez en quelques clics les lieux de collecte. Vous pouvez également indiquer à l’EFS comment leurs agents pourraient vous contacter. Les nouveaux adhérents peuvent remplir une promesse de don en attendant de recevoir une invitation. Par la suite, vous avez la possibilité de consulter l’historique de vos activités sur le site.

En définitive

Vous pouvez très bien donner votre sang après une opération chirurgicale. Cela doit intervenir réglementairement après une période de 4 mois. Mais, le médecin de l’EFS ne se limite pas à ce seul critère. Il prend aussi en compte d’autres contre-indications déterminantes. Pour éviter tout ajournement, vous avez la possibilité de vérifier les conditions d’éligibilité sur une plateforme spécialisée avant de vous porter volontaire.

 

Guillaume

A propos de l'auteur: Guillaume

Hématologue dans un grand centre hospitalier en région parisienne, je gère le site dondusang.net depuis 2019.

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