Myélodysplasie : définition, causes et symptômes

Le syndrome myélodysplasique correspond à un dysfonctionnement de la moelle osseuse. Cette maladie se caractérise principalement par une atteinte des lignées des cellules souches qui sont à l’origine de la production des globules blancs, des globules rouges et des plaquettes. De manière générale, la myélodysplasie se traduit par des anomalies sanguines marquées par une anémie, des troubles de la coagulation et des infections.

Qu’est-ce que le syndrome myélodysplasique ?

Le syndrome myélodysplasique est une maladie du sang. Cette maladie entraîne une chute considérable du nombre de cellules sanguines présentes dans le sang. Il est important de savoir qu’au sein d’un organisme sain, la moelle osseuse produit différentes sortes de cellules sanguines. Chacune de ces cellules sanguines joue un rôle important dans le bon fonctionnement du corps humain. Les globules rouges sont chargés d’apporter l’oxygène à l’ensemble de l’organisme. Les globules blancs ont pour rôle de lutter contre les agents exogènes, permettant ainsi d’éviter les risques d’infection. Les plaquettes quant à elles permettent la formation de caillots sanguins qui entrent en jeu dans le processus de coagulation.

Dans le cas des personnes souffrant du syndrome myélodysplasique, la moelle osseuse n’est plus en mesure de produire les globules blancs, les globules rouges et les plaquettes normalement. Ces cellules sanguines anormales qui sont produites par la moelle osseuse sont incapables de se développer comme il se doit. En plus d’être incapables de se développer comme il se doit, ces cellules sanguines anormales qui sont contenues dans la moelle osseuse sont ensuite distribuées au corps humain via la circulation sanguine.

Force est de constater que le syndrome myélodysplasique est une pathologie sérieuse. Toutefois, il est important de préciser que le développement de cette pathologie varie selon les individus. En effet, la pathologie peut se développer lentement, soit se développer de façon plus agressive. On distingue deux formes principales du syndrome myélodysplasique :

  •  Le syndrome myélodysplasique dit à « haut risque ». Cette forme de la maladie se caractérise par une anémie qui peut évoluer vers une leucémie de type aiguë de façon soudaine ou progressive ;
  •  Le syndrome myélodysplasique dit « peu agressif ». Cette forme de la maladie se manifeste par une anémie dominante qui est isolée le plus souvent. Ici, la transformation de la maladie en leucémie est souvent retardée, voire absente.

Il est à noter que la fréquence des syndromes myélodysplasiques augmente avec l’âge. L’âge moyen des patients souffrant de cette pathologie se situe entre 60 entre 75 ans avec un âge de début qui tourne autour de 60 ans. Toutefois, il est important de savoir que la maladie peut toucher les personnes de tous les âges. On constate également que les hommes sont plus souvent touchés par le syndrome myélodysplasique contrairement aux femmes. Enfin, la maladie serait vraisemblablement plus fréquente chez les personnes atteintes d’une trisomie 21.

Quels sont les symptômes du syndrome myélodysplasique ?

Force est de constater que les personnes atteintes du syndrome myélodysplasique présentent tout d’abord des symptômes légers qui se compliquent par la suite. Les symptômes de la maladie sont associés aux différentes cellules sanguines qui sont impactées par la pathologie. Dans le cas où les globules rouges seraient en cause, on constate les symptômes suivant :

  •  des difficultés respiratoires ;
  •  de la fatigue ;
  •  une faiblesse généralisée.

Dans le cas où ce serait les globules blancs qui sont concernés, le symptôme de la maladie serait une augmentation des risques d’infections liés à la présence d’agents pathogènes.

Dans le cas où ce sont les plaquettes qui sont en cause, les symptômes de la maladie sont les suivants :

  •  apparition de saignements plus importants ;
  •  apparition d’ecchymoses sans raison sous-jacente.

Il est très important de noter que l’évolution de la maladie varie en fonction des personnes touchées. On remarque en effet que certaines formes du syndrome s’apparentent à des manifestations cliniques qui se développent plus rapidement que d’autres. En outre, on remarque que certains patients atteints de la maladie ne présentent aucun symptôme caractéristique. Dans ce cas, le diagnostic se fait après une analyse sanguine démontrant un taux anormalement bas de cellules sanguines ainsi que leur malformation.

Les origines de la maladie

L’origine exacte du syndrome myélodysplasique n’est pas entièrement connue à ce jour. Toutefois, de nombreuses recherches ont permis de mettre en avant une relation de cause à effet entre le développement de la maladie et l’exposition à certains composés chimiques comme le benzène. Cette substance chimique particulièrement dangereuse pour le corps humain est d’ailleurs classée comme étant cancérogène. Cependant, malgré sa dangerosité, le benzène est fréquemment utilisé dans l’industrie puisqu’il est utilisé pour la fabrication de caoutchouc, de plastique et dans l’industrie pétrochimique.
Il est également important de noter que dans des cas plus rares, le développement du syndrome myélodysplasique peut être associé à la radiothérapie et à la chimiothérapie qui sont des moyens utilisés fréquemment dans le traitement du cancer.

Quels sont les facteurs de risque de la maladie ?

Les facteurs de risque sont des comportements, des substances ou des états qui ont pour conséquence d’accroitre les risques d’apparition d’une maladie. Il faut savoir que la plupart des maladies sont attribuables à de nombreux facteurs de risque. Les causes du syndrome myélodysplasique sont peu connues. Cependant, les chercheurs ont réussi à établir un lien entre les facteurs suivants et l’apparition de cette pathologie :

  •  l’exposition prolongée à de fortes doses de radiation émises par une bombe atomique ou un réacteur nucléaire ;
  •  une exposition prolongée aux produits pétroliers, au benzène, aux engrais, aux pesticides ainsi qu’à des substances chimiques utilisées dans l’industrie du caoutchouc ;
  •  le tabagisme ;
  •  des troubles génétiques tels que l’anémie de Fanconi, la neurofibromatose de type 1, le syndrome de Shwachman-Diamond, l’anémie de Blackfan-Diamond et la dyskératose congénitale.

Il est également important de savoir que le traitement utilisé pour certains types de cancer peut représenter un facteur de risque pouvant entraîner l’apparition du syndrome myélodysplasique. Il est question entre autres du lymphome hodgkinien, du lymphome non-hodgkinien, du cancer du sein, du myélome multiple, de la leucémie aiguë lymphoblastique chez l’enfant et du cancer des testicules.

Certains traitements spécifiques peuvent également accroitre le risque de développer le syndrome myélodysplasique. Seul un faible pourcentage de patients recevant ce traitement ont des chances de développer la pathologie, mais il est important de savoir qu’une chimiothérapie à base de certains médicaments peut entraîner l’apparition du syndrome myélodysplasique. Il est à noter qu’une greffe de cellules souches « autologue » peut également entraîner l’apparition de la maladie. Enfin, les traitements par radiothérapie peuvent également entraîner l’apparition de la maladie. Il est à noter dans ce cas que les risques augmentent si en plus de la radiothérapie, le patient subit également une chimiothérapie.

Prévention et traitement de la maladie

Le diagnostic du syndrome myélodysplasique passe avant tout par une analyse sanguine ainsi que par un prélèvement et une analyse de la moelle osseuse. Le but de ces tests est de déterminer le nombre de cellules normales et anormales. Le prélèvement de la moelle osseuse se fait sous anesthésie locale. Un échantillon est extrait depuis la hanche du patient et une analyse est réalisée sous microscope en laboratoire.
Il est important de savoir que le traitement de la maladie dépend directement du type de maladie dont souffre le sujet ainsi que des conditions propres à l’individu. Le but du traitement est de rétablir la forme des cellules sanguines ainsi que leur taux normal dans le sang.
Dans le cas où le patient souffre d’une forme « peu agressive » du syndrome myélodysplasique avec de faibles risques de voir la maladie se transformer en cancer, la prescription d’un traitement particulier ne sera pas forcément effective. La meilleure solution dans cette situation reste la mise en place d’un suivi régulier du patient au travers d’analyse sanguine.
En ce qui concerne les formes les plus avancées de la maladie, les traitements sont :

  •  l’utilisation de médicaments permettant de réguler le taux de fer dans le sang après la réalisation d’une transfusion sanguine ;
  •  la transfusion sanguine ;
  •  l’utilisation d’antibiotique dans le cadre du traitement des infections causées par une défaillance des globules blancs ;
  •  l’injection de facteurs de croissance comme l’érythropoïétine, dont le but est de booster la croissance des cellules sanguines et d’aider la moelle osseuse à produire des cellules sanguines.

L’utilisation de certains médicaments comme la ciclosporine permettent de réduire l’activité du système immunitaire, permettant ainsi à la moelle osseuse de fabriquer des cellules sanguines.

En ce qui concerne les patients qui présentent un fort risque de développer un cancer, la chimiothérapie ainsi qu’une transplantation de cellules souches sont des traitements qui peuvent être prescrits. L’objectif de la chimiothérapie est de détruire les cellules sanguines immatures en interrompant leur développement. Ce traitement peut être prescrit par voie orale (sous forme de comprimés) ou par voie intraveineuse.

Dans les formes les plus graves de la maladie, la transplantation de cellules souches est un traitement qui est souvent utilisé. Cependant, ce traitement est utilisé de préférence chez les patients jeunes. En règle générale, la transplantation de cellules souches est associée à une chimiothérapie et/ou à une radiothérapie précoce. Après la destruction des cellules sanguines atteintes par le syndrome myélodysplasique, la transplantation de cellules peut être effective.

Quelle est la place des médecines naturelles dans le traitement du syndrome myélodysplasique ?

Force est de constater que les médecines naturelles peuvent être utilisées afin de lutter contre certaines des manifestations du syndrome myélodysplasique. En effet, on remarque que les médecines naturelles peuvent dans certains cas aider à prévenir les infections liées à la pathologie. Toutefois, ces médecines alternatives ne peuvent en aucun cas se substituer aux antibiotiques.
Certains traitements homéopathiques se montrent très efficaces dans la lutte contre les infections causées par le syndrome myélodysplasique. Parmi les traitements les plus efficaces, on peut citer :

  •  Aconit : quatre granules à sucer toutes les trente minutes durant les heures qui suivent les premiers signes infectieux.
  •  Phytothérapie ;
  •  Aromathérapie ;
  •  25 gouttes de ginseng à prendre en teinture mère deux fois par jour ;
  •  Huiles essentielles d’origan, de sarriette et de thym.

Il est également possible de faire une cure d’oligoéléments en cas d’infections.

Le suivi de la maladie

Il est important de savoir que le suivi après le traitement du syndrome myélodysplasique est une composante capitale apportée aux personnes atteintes de la maladie. Afin de s’assurer que le patient reste en bonne santé, les spécialistes du cancer, les spécialistes des maladies du sang ainsi que le médecin de famille se partagent la responsabilité du suivi du patient. Le but de ces spécialistes est de prendre les meilleures décisions possible afin de s’assurer que le patient bénéficie des soins les plus appropriés en fonction de ses besoins.
Il va également de la responsabilité du patient d’être vigilant et de reporter tous changements à son médecin. N’attendez pas le prochain rendez-vous pour prévenir votre médecin si vous constatez que certains des symptômes de la maladie persistent ou s’ils sont de retour. Il est capital dans ce genre de situation de contacter immédiatement votre médecin afin qu’il soit en mesure de vous aider.

En conclusion

Le syndrome myélodysplasique est une pathologie avec une prévalence en nette augmentation chez la population vieillissante. Outre un désordre clonal au niveau des cellules souches, la pathogenèse du syndrome myélodysplasique est complexe et implique une réponse immunologique aberrante. Chez les patients âgés qui présentent une polyarthrite, des lésions cutanées douloureuses ou des signes de vasculite, il est important d’envisager la possibilité d’un syndrome myélodysplasique sous-jacent. Par ailleurs, il est important de savoir que les maladies auto-immunes ainsi que les traitements cytotoxiques qui sont utilisés pour les soigner augmentent le risque de souffrir du syndrome myélodysplasique ainsi que le risque d’hémopathie maligne de manière générale. Dans le cadre d’une pathologie inflammatoire, l’apparition ou l’accentuation d’une cytopénie doit faire redouter chez les médecins, la possibilité d’un syndrome myélodysplasique.

Au final, bien qu’il s’agisse d’une maladie à ne pas prendre à la légère, force est de constater qu’il existe de nombreux traitements efficaces pour soigner le syndrome myélodysplasique. Toutefois, il est important pour ce faire, de connaître les symptômes de la maladie ou de ne pas hésiter à consulter un médecin afin de bénéficier de ses conseils avisés.

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