Lymphome : définition, causes et symptômes

Décrit comme un cancer du système lymphatique, cette maladie suscite de nombreuses interrogations. Existe-t-il des facteurs de risque pour cette pathologie ? Comment reconnaitre ses signes cliniques et ses éventuelles complications ? Quels traitements permettent de soigner cette affection ?

Lymphome, un cancer du sang

Cette maladie représente une tumeur du système lymphatique. Elle provoque une prolifération maligne de lymphocytes qui tendent à envahir tout le corps. Il demeure l’hémopathie la plus fréquente. Il s’attaque aux cellules lymphoïdes et réticulaires. Elle s’en prend prioritairement aux ganglions. Mais, elle peut aussi affecter les organes. Cette pathologie touche essentiellement les adultes. Les enfants en souffrent assez rarement. La plupart des cancers du sang constituent des lymphomes. Ceux-ci se répartissent en deux grandes catégories.

  • Le lymphome de Hogkin s’explique par la présence de cellules de Sternberg. Il demeure la forme la moins courante de la maladie. Il représente 20 % des cas détectés. Il touche les jeunes de 20 à 30 ans et les adultes de plus de 60 ans. Le pronostic de rémission de ce type cancer dépasse largement les 80 %.
  • Les lymphomes non hodgkiniens s’observent chez 80 % des personnes concernées par cette pathologie. Contrairement à la première forme, la maladie ne se déclenche pas en raison de la présence d’une cellule de Sternberg. Elle résulte d’un cancer du tissu lymphoïde et des ganglions. Ces affections touchent aussi bien les hommes que les femmes. Leur dépistage peut intervenir à tout âge. Mais, elles se diagnostiquent surtout chez les individus âgés de 60 à 65 ans. Elles s’en prennent prioritairement aux glandes. Elles impactent des cellules distinctes et se démarquent par leurs manifestations. Elles se répartissent en lymphomes indolents et agressifs.

Lymphome, des causes variées

Différentes études approfondies ont permis de cerner les éléments susceptibles de déclencher cette maladie.

  • Cette affection touche souvent les personnes avec des défenses immunitaires affaiblies. Cela survient généralement après certains traitements. L’activité de certains virus peut également générer cette pathologie.
  • Les scientifiques estiment que des facteurs environnementaux peuvent aussi provoquer un lymphome. Vous pouvez donc développer les symptômes lorsque vous vous exposez à des pesticides et des solvants.
  • Les chercheurs considèrent que des altérations génétiques prédestinent certains individus à cette maladie. Certes, elle ne figure pas parmi les pathologies héréditaires. Mais, certains dysfonctionnements congénitaux peuvent augmenter le risque de contracter cette affection. Des accidents génétiques peuvent facilement se produire si les protéines censées protéger l’ADN présentent des défaillances. Un nombre important de personnes touchées par le lymphome reconnait qu’un proche parent a déjà développé une maladie de sang.

Les véritables causes de cette pathologie peuvent varier d’un individu à un autre. Les oncologues procèdent donc toujours à des analyses pour identifier les réels facteurs à l’origine de l’affection chez chacun de leurs patients.

Lymphome, des symptômes spécifiques

Les manifestations diffèrent en fonction de la forme de la maladie et des cellules affectées.

Les signes cliniques du lymphome de Hodgkin

Les patients victimes de cette pathologie observent un ou plusieurs ganglions fermes et indolores dont le volume augmente de façon continue. Ils peuvent apparaître au niveau du cou, des aisselles ou des aines. Parfois, la tumeur se retrouve sur certains organes. Les personnes affectées peuvent également subir une perte de poids. Cela pourrait aussi s’accompagner de fièvre, de sueurs et d’une grande fatigue. Les cancérologues suspectent généralement un lymphome en présence d’une adénopathie persistante dont le volume croît sans aucune irritation. Les individus touchés par cette pathologie peuvent présenter d’autres manifestations viscérales.

  • Cette maladie peut entraîner une pleurésie. Cela se traduit par une inflammation de la plèvre. Une pneumopathie peut s’y ajouter avec des gênes respiratoires.
  • Un lymphome peut aussi provoquer une gastrite. Le patient remarque alors une irritation de la muqueuse de l’estomac.
  • Cette pathologie a souvent des répercussions au plan hépatique. La plupart du temps, elle entraîne des problèmes de gros foie et d’ictère.
  • Les personnes touchées se plaignent également de douleurs rachidiennes. Cela peut s’accompagner d’une compression de la moelle épinière et d’une paraplégie des membres. La menace du syndrome de Claude-Bernard-Horner reste permanente. Cela affecte le nerf sympathique cervical.
  • Un lymphome de Hodgkin peut aussi provoquer une paralysie laryngée. Parfois, il génère de la migraine en raison d’une forte activité des racines rachidiennes.
  • Cette maladie peut entraîner un grossissement de la rate. Cela s’accompagne d’une fièvre et d’une démangeaison sur tout le corps. Le patient transpire énormément avec d’abondantes sueurs nocturnes. Enfin, cette affection peut avoir des répercussions sur la moelle épinière.

Les signes cliniques des lymphomes non hodgkiniens

Ces maladies entraînent l’apparition de ganglions indolores au niveau du cou ou dans la région inguinale. Ils présentent quasiment les mêmes symptômes que la première forme évoquée ci-dessus. Ces pathologies se développent à partir des lymphocytes B ou T.

  • Les signes cliniques tardent à manifester pour les lymphomes indolents. Les patients touchés ressentent une grande fatigue avec de la fièvre récurrente. Cela peut s’accompagner d’une perte de poids. Ils remarquent systématiquement des ganglions. Ils se plaignent aussi généralement d’une toux persistante avec des difficultés respiratoires. Les personnes affectées souffrent également d’un amaigrissement. Cela s’observe souvent à un niveau critique de la maladie.
  • Quant aux lymphomes agressifs, leurs symptômes apparaissent très vite. Ces pathologies ne se développent pas de manière insidieuse. Cela implique une prise en charge rapide pour limiter les risques de complications.

La classification de l’OMS énumère des dizaines de lymphomes non hodgkiniens en fonction des cellules malades ou des anomalies génétiques à l’origine des affections. Les oncologues diagnostiquent couramment deux d’entre eux.

  • Le lymphome de burkitt se manifeste par des tumeurs abdominales dues à une atteinte intestinale. Il touche également les os des mâchoires. Il opère généralement en dehors des ganglions et du système réticulo-endothélial. Il se révèle contagieux en Afrique tropicale. Les personnes contaminées par le virus d’Epstein-Barr le développent. Ce lymphome cellulaire B existe sous une forme non endémique. Celle-ci affecte souvent les adultes immunodéprimés.
  • Le mycosis fongoïde s’en prend à la peau. Il se démarque par une évolution lente. Les individus touchés constatent une éruption chronique accompagnée de démangeaisons. Ce cancer de sang s’attaque aux cellules T.

Lymphome, un diagnostic complexe

Les symptômes permettent à l’oncologue de poser des hypothèses. Il réclame souvent une série d’examens pour affiner ses analyses.

  • La numération de la formule sanguine d’une personne affectée fournit plusieurs informations essentielles. Elle révèle une baisse des lymphocytes, une éosinophilie et une anémie. Elle ressort également une accélération de la vitesse de sédimentation. Elle permet de confirmer une augmentation de la fibrine, du taux d’alpha, des phosphatases alcalines sériques et leucocytaires. En présence d’un cancer du système lymphatique, l’analyse sanguine montre aussi une baisse du fer sérique.
  • Un examen histologique s’impose également pour identifier le type de lymphome. L’oncologue pratique une biopsie. Cela consiste à réaliser une intervention chirurgicale pour prélever une infime portion de la tumeur. Cette opération bénigne se passe sous anesthésie locale pour un ganglion superficiel dans le cou, dans les aisselles ou dans les aines. Elle peut s’effectuer à l’aide d’une aiguille spéciale au cours d’un scanner. La ponction se révèle un peu plus complexe lorsque le renflement se situe au niveau du thorax ou de l’abdomen. La biopsie permet de récupérer du suc ganglionnaire afin de l’analyser. En présence de cellules de Sternberg, le cancérologue confirme un lymphome de Hogkin. Dans le cas contraire, il oriente ses investigations vers la seconde forme de la maladie.
  • Les professionnels de la santé peuvent réclamer des tests additionnels en fonction des signes cliniques observés. Parfois, ils exigent un scanner ou une échographie du thorax. Ils recourent aussi souvent à des tomographies par émission de positons pour suivre l’activité des ganglions. D’autres analyses comme la lymphographie abdominale, la scintigraphie de la rate ou du foie ainsi que les radiographies du squelette peuvent également s’imposer.

Après les différents tests, le cancérologue devra identifier le type de lymphome et son niveau au plan clinique. La maladie peut évoluer sur 4 stades successifs en fonction du nombre de groupes ou de territoires ganglionnaires atteints. La catégorisation prend aussi en compte la contiguïté des tumeurs et leur emplacement par rapport au diaphragme. À la dernière étape, la pathologie affecte des organes sensibles. Elle touche souvent le foie, le cœur, les poumons, le système nerveux, etc. Le diagnostic précise l’absence ou la présence des symptômes généraux. Les tests complémentaires aident l’oncologue à éviter de confondre la maladie de Hodgkin avec d’autres affections similaires.

Lymphome, des traitements efficaces

Cette maladie peut se guérir totalement. La prise en charge des patients diagnostiqués incombe à un collège de médecins. Ces derniers se consultent pour identifier les thérapies les plus adéquates en fonction des résultats des tests et des examens effectués. Ils associent leurs compétences dans le cadre d’une concertation pluridisciplinaire. Les solutions proposées dépendent du degré d’extension de l’affection.

  • Au stade 1, le patient affiche un ou deux groupes de tumeurs contiguës situées du même côté du diaphragme. À l’étape 2, les ganglions conquièrent carrément un espace proche des premiers renflements.
  • Au niveau 3, les adénomes apparaissent sur d’autres parties du corps. Au dernier degré, la maladie atteint des organes vitaux. Elle affecte le foie, le cœur, les poumons, le tube digestif, les os, le système nerveux, etc.

Les pronostics de rétablissement se révèlent très intéressants pour cette maladie. Aux stades 1 et 2, une rémission de la pathologie reste possible dans 95 % des cas. Aux niveaux 3 et 4, le taux de guérison peut atteindre 70 %. En réalité, tout dépend de la précocité du dépistage et de l’efficacité de la réponse thérapeutique proposée. Différents traitements existent pour soigner cette maladie. L’équipe médicale les prescrit en fonction de l’agressivité, de l’organisation des cellules, du degré d’extension de la pathologie, etc. Elle effectue aussi les choix sans perdre de vue les autres affections dont souffre le patient pris en charge.

La chimiothérapie

Cette solution reste la plus prisée par les professionnels de la santé pour soigner le lymphome hodgkinien.

  • Les oncologues prescrivent souvent entre 3 et 4 cycles pour guérir les affections aux stades I et II. Ils peuvent y associer une irradiation des zones envahies.
  • 6 à 8 cycles s’imposent sur une période de 6 mois pour les pathologies qui ont atteint les niveaux III et IV

Ce traitement peut provoquer une infertilité temporaire ou irréversible chez les patients. L’équipe médicale anticipe souvent cette situation. Le personnel prend généralement la peine de conserver du sperme ou des ovocytes. Parfois, les spécialistes utilisent aussi la radiothérapie pour soulager cette pathologie. Les lymphomes non hodgkiniens se traitent également grâce à la chimiothérapie. Si nécessaire, les professionnels de la santé y associent des anticorps monoclonaux.

Les cancérologues mettent en place un suivi de qualité pour gérer les effets secondaires de ces solutions. Ils garantissent des soins de supports pour éliminer rapidement les principales manifestations des lymphomes. La surveillance se poursuit généralement pendant des années pour préserver les patients de toute récidive de la maladie. Cela implique plusieurs bilans sanguins périodiquement. La vigilance médicale ne retombe qu’après un rétablissement total des personnes prises en charge.

Les autres traitements

Les professionnels de la santé proposent de plus en plus l’immunothérapie pour soulager les cancers du système lymphatique. Ils la recommandent surtout pour les formes évolutives. D’autres soins alternatifs comme l’interféron et les interleukines se révèlent également très efficaces. Les affections d’origine génétique peuvent se guérir grâce aux allogreffes de moelle osseuse. La mise en œuvre de cette solution exige le consentement d’un donneur sain et compatible. Ce traitement aide l’organisme à produire des chaines normales d’hémoglobine. Cela permet de remédier aux autres problèmes congénitaux qui affectent le patient pris en charge.

Les professionnels de la santé recommandent une implantation de moelle osseuse uniquement pour les lymphomes les plus graves. Ils s’investissent pour réduire les risques de complications liées à une telle opération. Tout se passe très bien dans la plupart des cas soignés. Le véritable challenge consiste souvent à trouver un donneur sain compatible. Le coût d’une greffe de moelle osseuse reste également assez élevé. Toutefois, cette solution permet de mettre définitivement fin aux maladies de sang et à leurs différentes complications.

0 replies

Leave a Reply

Want to join the discussion?
Feel free to contribute!

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *