Don de plaquettes : fonctionnement et contre-indications

Les plaquettes sanguines jouent un rôle très important dans la cicatrisation rapide des blessures, la prévention et l’arrêt des hémorragies. Les personnes en aplasie, les patients atteints de leucémies… ou qui suivent certains traitements comme la chimiothérapie en ont besoin. Malheureusement, leur moelle osseuse n’en produit plus ou pas assez. Elles ne peuvent donc pas espérer vivre longtemps sans qu’une transfusion régulière de ces cellules soit faite ; d’où la nécessité du don de plaquettes. Tout aussi important que le don de sang, cet acte permet de sauver des vies. Découvrons ensemble le processus du don de plaquettes ainsi que les contre-indications à prendre en considération.

Don de plaquettes : comment ça se passe ?

Quel que soit votre groupe sanguin, la possibilité vous est offerte de faire don de vos plaquettes sanguines pour pouvoir préserver la vie de bon nombre de personnes.

Il existe néanmoins certaines étapes à suivre et des conditions à remplir. Les conditions sont essentiellement relatives à l’âge du donneur (18 à 75 ans), sa disponibilité et son état de santé. Il est aussi possible d’évoquer la réactivité du donneur. En effet, la durée de vie des plaquettes est de sept (7) jours seulement. Il faut donc se tenir prêt à tout instant pour l’opération dès que le besoin se fait sentir. En plus, lorsque vous êtes bien portant avant l’opération, vous reprenez rapidement des forces. Le don de plaquettes se fait donc suivant les étapes ci-dessous.

Prendre rendez-vous vous le don de plaquettes

Il ne sert à rien de faire un don si personne ne peut en profiter. Ceci est d’autant plus vrai quand il s’agit des plaquettes sanguines. Elles ont en effet une durée de vie très courte. Il faut donc attendre que le besoin se fasse sentir avant de faire le don. La première chose à faire devrait donc être de s’inscrire comme donneur sur le site de l’Établissement Français du Sang (EFS) ou auprès d’un site mobile (hôpitaux). Ces unités se chargent ensuite de contacter les donneurs en cas de besoin. Il est à préciser qu’une même personne ne devrait pas faire plus de 12 dons par an. Ce qui équivaut à un don par intervalle d’un mois.

Les agents du centre de collectes procèdent donc à certaines vérifications avant de contacter les potentiels donneurs. La compatibilité HLA entre donneurs et receveurs fait aussi l’objet de vérification avant la prise de contact. L’initiative de la prise de rendez-vous peut aussi partir du donneur. Dans ce cas, il choisit en fonction du calendrier de collecte, la date qui lui semble mieux appropriée. Cela n’empêche pas que certains contrôles se fassent. Le patient doit donc par exemple remplir des questionnaires et passer un entretien avant la phase même du prélèvement.

Remplissage des questionnaires

Il s’agit d’une fiche de renseignement que le donneur doit remplir le jour même du don. Elle comprend un ensemble de questions permettant d’établir le profil du donneur et de clarifier ses antécédents médicaux. Il s’agit de vérifier entre autres si vous avez été malade récemment, pris des médicaments ou si vous avez voyagé.

De telles dispositions sont nécessaires pour garantir la sécurité des futurs receveurs. Elles permettent aussi de s’assurer ou de confirmer l’éligibilité d’une personne au don de plaquettes. Le donneur doit donc faire preuve d’une grande sincérité en fournissant les réponses.

Ledit questionnaire sert aussi de consentement pour le prélèvement et sert de support pour la conduite de l’entretien pré don. Il est utile de préciser que la fiche de renseignement peut être imprimée avant le jour du prélèvement. Les centres transfusion offrent en effet la possibilité de le télécharger à distance. Vous pouvez donc prendre tout le temps pour bien répondre.

Entretien pré don

C’est l’étape ultime avant la phase du prélèvement des plaquettes. Elle permet de lever les doutes par rapport au processus du prélèvement. On rencontre donc le médecin pour discuter des réponses données sur le questionnaire. Les donneurs ayant tous fait au moins un don de sang, ils peuvent avoir des questions à poser. La personne responsable du prélèvement se charge à cette phase d’y répondre le plus clairement possible. Elle ne prend relativement pas trop de temps.

Le prélèvement des plaquettes

Le donneur s’installe sur un siège inclinable, avec les jambes allongées. Les agents de santé mettent en place l’équipement et le matériel nécessaire. En effet, le principe du don de plaquettes fonctionne avec un système de prélèvement par aphérèse. Il consiste à prélever directement dans le sang du donneur une quantité de plaquettes en fonction de son volume de sang. Cette opération se fait à l’aide d’un séparateur de cellules qui procède de façon sélective à la ponction des plaquettes.

La quantité prélevée varie entre 450 à 650 ml de plasma. Le reste du sang pour sa part, est transfusé à nouveau au donneur après avoir subi un traitement dans la machine. Il est à noter que ce prélèvement n’affecte en rien la santé du donneur, puisque sa moelle continue de fabriquer des plaquettes. L’équilibre devrait donc pouvoir se faire au bout de quelques jours de repos.

Il est utile de préciser qu’au cours de cette étape divers prélèvements de sang s’effectuent, pour établir le profil du donneur. Ces prélèvements sanguins permettent aussi de faire un meilleur réglage du séparateur. Par ailleurs, le kit utilisé pour chaque donneur est à usage unique. Il se compose de : aiguille, tubes et poches bien stérilisés. Autant de dispositions prises pour assurer la sécurité du donneur et de la personne responsable du prélèvement.

Repos et récupération

Il n’est pas rare que pendant ou après un don de plaquette on ait des malaises. C’est ce que les spécialistes appellent le malaise vagal. Ce n’est en principe rien de grave et vous devriez pouvoir vous en remettre après quelques minutes de repos. Aussi pour prévenir la survenue de tels troubles, on conseille de boire de l’eau avant et après le don. Ceci vous permet de récupérer plus rapidement. Le processus de don prévoit par ailleurs un temps de récupération.

C’est justement ce qui porte la durée de l’opération à un total de 2 heures, dont 90 minutes pour le prélèvement proprement dit. Rappelons à toutes fins utiles que quelle que soit la quantité de plaquettes prélevées l’organisme continue d’en fabriquer. Cependant, le temps de récupération peut varier d’une personne à une autre.

Les contre-indications liées au don de plaquette

Il peut arriver que pour certaines raisons une personne apparemment saine ne soit pas en mesure de faire un don de plaquettes. Ces contre-indications sont précisées dans l’arrêté ministériel en date du 10 avril 2016. Ces dispositions sont celles suivies dans toute l’Union européenne. On distingue :

  • Les contre-indications relatives au poids et à la condition biologique du donneur ainsi que ses antécédents médicaux.
  • Il existe par ailleurs des contre-indications temporaires (invalidant le don pour une durée de quatre mois) et
  • des contre-indications définitives.

Contre-indications liées au poids et à la condition biologique du donneur

Pour être donneur de plaquettes sanguines, il faut avoir au moins 18 ans et au plus 60 ans. Les donneurs réguliers peuvent toutefois faire le don jusqu’à l’âge de 75 ans. Toutefois, ils doivent avoir un poids supérieur ou égal à 50 kg. Pour ce qui est des contre-indications biologiques, elles ont rapport au nombre de plaquettes présentes dans le sang. C’est d’ailleurs ce qui justifie la réalisation d’analyse des échantillons prélevés.

Contre-indications relatives aux antécédents médicaux

Lorsqu’on a souffert de certains maux, ou qu’on suit certains traitements, on peut être déclaré inapte au don de plaquettes. C’est le cas par exemple des personnes sous traitement d’antibiotique ou prenant de l’aspirine. En effet, ces médicaments contiennent des substances qui bloquent la production des plaquettes. Celles-ci devront par exemple attendre sept jours après le traitement pour être en mesure de faire un nouveau don. Il en va de même pour les personnes ayant fait des soins dentaires récents. Si par ailleurs, vous avez eu de la fièvre 14 jours avant le jour de prélèvement vous êtes inaptes.

D’autres exemples de contre-indications temporaires

La durée d’incapacité à faire le don de plaquettes peut varier en fonction des circonstances propres à chaque donneur. En cas de rapports sexuels avec un partenaire porteur de VIH, VHB, etc., le temps d’attente est de 4 mois minimum. Durant cette période, le donneur devra s’assurer de faire les analyses nécessaires pour clarifier son statut sanitaire. Par contre, une femme qui vient d’accoucher doit attendre six mois avant de pouvoir faire un autre don.

Quelques contre-indications définitives

Certaines conditions rendent pour toujours certaines personnes inaptes à faire le don de plaquettes. Elles sont en rapport essentiellement aux antécédents médicaux de la personne. Lorsqu’elle a, par exemple, fait l’objet d’une transplantation d’organes ou une transfusion sanguine par le passé elle est inapte. Cette contre-indication est toujours valide quand bien même le sujet obtient guérison. De même, les personnes ayant subi différents traitements hormonaux ou celles ayant des antécédents de cancers sont inaptes. Si par ailleurs vous êtes génétiquement susceptible de développer la maladie de Creutzfeldt-Jakob, vous ne pouvez pas faire de don.

Bien d’autres facteurs pourraient empêcher la recevabilité de votre demande pour le don de plaquette. Aussi devriez-vous vous rapprocher des spécialistes pour avoir de plus amples informations. Précisons par ailleurs que seule la personne ayant conduit l’entretien pré don peut se prononcer sur la recevabilité du don. Il est par conséquent très important de veiller à être le plus vrai possible dans vos déclarations. Il est aussi possible de faire les analyses dont vous pourriez avoir besoin. Ceci pour aider à gagner du temps dans le processus. En plus, si les résultats sont positifs, les chances que le don de plaquettes soit autorisé sont grandes. Demander conseil à son médecin traitant peut aussi se révéler comme bonne idée quand on pense à faire ce don.

Est-ce qu’il y a des risques associés à ce don de plaquettes?

Certaines personnes appréhendent beaucoup le fait de donner du sang ou des cellules de tout genre. Justement parce qu’elles ne savent pas à quoi s’en tenir au cours des différents prélèvements. Mais dans le cadre du prélèvement de plaquettes, le processus est bien expliqué au donneur comme c’est d’ailleurs le cas en ce qui concerne le don de sang et le don de plasma. Il sait donc à quoi s’en tenir. D’autant plus qu’il s’agit de personnes ayant déjà fait au moins une fois le don de sang.

Il est toutefois vrai que certaines personnes se sont plaintes par le passé de contamination suite à des prélèvements. Beaucoup de personnes se souviennent sans doute des cas de contamination causés par les machines Haemonetics en 2005. Ce fut un véritable drame. Il faut cependant reconnaître que les sanctions idoines ont été prises en son temps.

De même, les mesures de contrôles des appareils de prélèvements ont été renforcées, tout comme les méthodes de traitement. Il n’y a donc a priori plus de grands dangers. En plus, le prélèvement se fait principalement dans les centres de transfusions sanguines. En d’autres termes par de véritables professionnels. Ceux-ci ont par ailleurs souci de la confidentialité des données personnelles recueillies. Faire un don de plaquettes n’est donc pas si dangereux que cela puisse paraître.

Le don de plaquette a-t-il un coût ?

Donner son sang ou ses cellules pour sauver une vie est un geste très noble. Aussi aucun frais ne vous sera demandé si vous décidez de vous engager dans cette voie. Il vous faut juste être sûr que vous remplissez bien les conditions pour faire l’opération. En plus, une petite collation est offerte à la fin. Il est conseillé de prendre tout son temps pour reprendre ses forces au buffet. Il est bon de manger, mais il faut surtout penser à bien s’hydrater.

Conseils pratiques

Une fois que le rendez-vous pour le prélèvement est pris, il faut s’assurer d’être au centre à l’heure. Mais avant d’y aller, assurez-vous que vous avez bien tout le temps nécessaire à consacrer à cette séance. Il faut veiller par ailleurs à bien s’alimenter avant de venir et surtout éviter de faire du sport. Tout ceci vous permet de passer la phase de prélèvement avec la plus grande facilité possible. Aussi une fois le prélèvement effectué, prenez bien soin de vous reposer. Il en votre propre bien-être.

Il est bien possible d’évoquer quelques rares risques liés au don de plaquettes sanguines. Mais les avantages sont beaucoup plus nombreux. Il ne faut donc pas hésiter à le faire si vous êtes apte à le faire. De toute façon, avant tout don, on remet un document d’information au donneur pour le mettre au courant des risques, même les plus rares, liés au prélèvement.

Guillaume

A propos de l'auteur: Guillaume

Hématologue dans un grand centre hospitalier en région parisienne, je gère le site dondusang.net depuis 2019.

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