Transfusion sanguine : précautions et règles de compatibilité

En médecine, le recours à la transfusion sanguine permet de compenser un manque de composants sanguins importants causé par une anémie ou une chirurgie. Pour ce faire, une correspondance exacte du groupe sanguin du donneur et du receveur doit être donnée. Ceci est assuré par des tests précis avant l’administration de la transfusion qui est également soumise à des précautions très importantes.

Comment fonctionne la transfusion sanguine?

Le transfert de sang du donneur vers le patient s’apparente à une perfusion normale via un accès veineux. Le sang coule d’une poche transparente via un tube directement dans la veine. Pendant la transfusion, mais également après, on surveille le patient pendant environ 30 minutes afin de déceler les éventuels effets indésirables.

Transfusion sanguine : les précautions indispensables

Les transfusions sanguines sont des procédés médicaux qui doivent être exclusivement ordonnés par un médecin traitant. Elles doivent être effectuées par du personnel médical qualifié (infirmiers ou médecins certifiés). L’état du patient doit être constamment surveillé par les équipes traitantes. Si des signes d’une réaction transfusionnelle indésirable apparaissent, la transfusion sera immédiatement arrêtée. De nombreuses autres précautions sont indispensables pour la réussite du processus.

Prévenir la transmission d’infections bactériennes et microbiennes

De nos jours, le risque de transmission d’infections par transfusion sanguine est aujourd’hui très faible en raison des mesures de qualité obligatoires, des tests et des procédures d’inactivation des agents pathogènes. Cependant, la vigilance doit toujours être de mise. En effet, les transfusions sanguines peuvent occasionner la transmission de maladies telles que la syphilis et le paludisme, l’hépatite virale, la mononucléose infectieuse et d’autres maladies virales. Des complications infectieuses peuvent résulter de la transmission de virus comme l’hépatite B, l’hépatite C, le VIH. Le paludisme et la maladie de Chagas (maladie parasitaire qui sévit dans les régions tropicales d’Amérique du Sud et centrale) font également partie des principales causes infectieuses de mortalité et de morbidité associées aux transfusions dans le monde entier.

Pour cela, les médecins soignants doivent procéder à des contrôles réguliers des donneurs, tant du point de vue sérologique que du point de vue de leurs habitudes de vie (à travers un historique médical soigné et des interrogatoires pointilleux). De plus, bien que les poches de sang soient soumises à des tests réguliers, le risque qu’ils (les tests) aient eu lieu durant la période dite fenêtre est réel. Il s’agit de la période au cours de laquelle l’infection possible a déjà été contractée, mais la séroconversion n’a pas encore eu lieu (formation d’anticorps spécifiques, c’est-à-dire formation d’anticorps reconnaissables par des tests de laboratoire courants). Des cas de contamination post-transfusionnelle par des virus (VIH, Hépatites B ou C…) existent. Ils sont rapportés lors de bilans sanguins effectués chez un receveur quelque temps après une transfusion de sang.

S’assurer de l’état et de l’ampleur des plaquettes

Les plaquettes sont des composants indispensables qui interviennent dans la coagulation du sang. Si le nombre de plaquettes sanguines est trop faible, il existe un risque de saignement qui peut être mortel. Le risque est accru lorsqu’il s’agit  d’infections, de sepsis, de maladies du foie et de la moelle osseuse ou dans le cas de l’utilisation de certains médicaments à risque. C’est pourquoi lorsque les patients présentent des taux de plaquettes très bas, la transfusion est inévitable.

Dans certains cas, l’administration de concentrés plaquettaires jusqu’à une augmentation du nombre de plaquettes est réalisée et réduit ainsi le risque de saignement. Comme les plaquettes à l’extérieur du corps ont tendance à s’agglutiner, les concentrés de plaquettes doivent être stockés sur des plaques à secousses. De plus, les concentrés plaquettaires ne sont stables que quelques jours.

Surveiller l’état du patient durant l’opération

Durant la transfusion sanguine, les fonctions vitales telles que la température, le rythme cardiaque et la pression artérielle sont soigneusement surveillées. Il faut aussi retenir que le patient n’est pris en compte pour la transfusion que s’il doit réellement bénéficier de la procédure. Un simple hémogramme ou numération sanguine peut être effectué à la place pour contrôler la quantité et la qualité des divers composants sanguins, notamment les globules rouges, les globules blancs et les plaquettes. Des tests de coagulation (coagulation) sont également effectués.

Les règles de compatibilité indispensables pour une transfusion sanguine réussie

Avant une transfusion sanguine, divers tests de laboratoire sont effectués pour assurer la compatibilité des composants sanguins. L’objectif est de savoir si le sang administré est compatible avec le sang du receveur, minimisant ainsi les risques d’effets indésirables. Des tests sont effectués à l’hôpital et dans d’autres établissements médicaux afin de minimiser le risque de réactions immunologiques et potentiellement fatales contre le sang du donneur.

S’assurer de la compatibilité des groupes sanguins

Il existe quatre types de sang différents (A, B, AB et 0) ainsi que le facteur Rhésus (positif ou négatif). Mais, on dénombre également plus de 250 systèmes de groupes sanguins différents contre lesquels les patients peuvent fabriquer des anticorps.

Les plus importants sont généralement enregistrés avec le test de dépistage des anticorps. Chaque groupe sanguin est déterminé au moins deux fois pour éviter toute confusion. De plus, les propriétés du sérum sont également contrôlées. En cas de transfusion sanguine, les groupes sanguins du donneur et du receveur doivent être identiques. Les combinaisons de donneurs et de receveurs de sang possibles avec le système AB0 se présentent comme suit :

  • Le groupe sanguin A peut donner du sang à A et à AB et recevoir du sang des groupes sanguins A et 0 ;
  • Le groupe sanguin B peut donner du sang à B et à AB et recevoir du sang des groupes sanguins B et 0 ;
  • Le groupe sanguin AB ne peut donner du sang qu’à AB, mais reçoit du sang de tous les groupes sanguins ;
  • Le groupe sanguin 0 peut donner du sang à tous les autres groupes sanguins, mais ne reçoit que du sang de son propre groupe sanguin.

Cet état de compatibilité est très strict. C’est pourquoi, avant une transfusion, il est toujours procédé à un test appelé correspondance ou « cross-matching » pour tenter d’établir la correspondance sans zone d’ombre. Pour cela, le sang du donneur et le sang du receveur sont insérés sur une diapositive.  S’il n’y a pas de réaction, il peut être procédé à la transfusion. Au cas contraire, vous ne pouvez pas transférer ce sang. Ce test est important pour évaluer la compatibilité totale entre le receveur et le donneur, réduisant ainsi autant que possible les risques.

S’assurer de la compatibilité des facteurs rhésus

Le rhésus désigne un antigène des globules rouges qui se situe sur leur paroi. C’est une protéine qui se trouve à la surface du globule sanguin. Il sert à distinguer deux systèmes de groupes sanguins : le rhésus positif (Rh+) et le rhésus négatif (Rh-). Les transfusions sanguines ne peuvent se faire qu’ « iso-rhésus », c’est-à-dire entre Rh+ et Rh- et dans un seul sens : les Rh- peuvent donner aux Rh+, mais les Rh+ ne peuvent pas donner aux Rh-. Les Rh négatif peuvent donner du sang aux deux groupes.

Si le sang incompatible est transfusé par erreur, il existe presque immédiatement une symptomatologie grave caractérisée par une douleur sur la partie du corps où a eu lieu la transfusion. Le patient peut alors éprouver une douleur dans la région lombaire, des frissons, des nausées, des vomissements, une augmentation rapide du pouls et de la température corporelle.

Effectuer des tests de compatibilité sérologique

Dans le cadre d’une transfusion, la compatibilité du sang du donneur avec le sang du receveur est testée en laboratoire. La sécurité transfusionnelle est garantie par les résultats. À cette fin, le sérum du patient est incubé avec le sang du donneur à la température du corps et testé pour déterminer si une agglutination se produit. Ainsi, les intolérances peuvent être détectées par des groupes sanguins rares.

Surveiller les allergies, les incompatibilités physiologiques et les anomalies

Lorsqu’on évoque les effets indésirables des transfusions, l’une des conséquences les plus rares est l’allergie. Elles peuvent survenir même si le sang est parfaitement compatible entre le donneur et le receveur. Dans ce cas, le problème est celui des allergènes (désignant des molécules de tout type, même quelque chose que le donneur a mangé avant la transfusion et qui ne lui posait aucun problème). C’est pour cela qu’une analyse complète du sang du donneur est indispensable. Le médecin traitant peut et doit également étudier les fiches de renseignement soumises au donneur avant la prise de sang.

Une contre-indication concerne les patients atteints de thalassémie, encore appelée anémie ou maladie de Cooley. C’est une anomalie qualitative ou quantitative rare de l’hémoglobine des globules rouges. Ces personnes sont toujours soumises à l’accumulation de fer, car ce minéral n’est pas correctement géré pour produire des globules rouges dans leur corps.

Une autre contre-indication concerne les sujets atteints de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ), un trouble cognitif rare et mortel. Cette maladie est la variante humaine de la maladie de la vache folle. Le risque de la contracter lors d’une transfusion est très faible, mais existe toujours. Par conséquent, les personnes exposées à la vMCJ ne peuvent pas donner de sang.

Guillaume

A propos de l'auteur: Guillaume

Hématologue dans un grand centre hospitalier en région parisienne, je gère le site dondusang.net depuis 2019.

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