Je crache du sang : causes, traitements et solutions

Appelé hémoptysie par les professionnels de la santé, ce phénomène suscite généralement de vives inquiétudes chez les patients. Les expectorations sanguinolentes représentent-elles la manifestation d’une maladie dangereuse ou contagieuse ? Quels traitements permettent de remédier rapidement à cette situation ?

Hémoptysie, un symptôme à prendre au sérieux

Certaines lésions peuvent générer des crachats plus ou moins abondants précédés d’un effort de toux. Ce phénomène révèle un dysfonctionnement au niveau des appareils respiratoires. Il peut être la manifestation d’un dangereux mal insidieux et contagieux ou d’une pathologie assez bénigne qui n’engage pas votre pronostic vital. Seules des analyses médicales pourront déterminer l’origine et la nature de la maladie responsable de cette anomalie. Face à un tel symptôme, vous devez consulter un spécialiste en urgence. Un médecin vous auscultera pour savoir si les expectorations proviennent du larynx, du pharynx, de la trachée ou des bronches. Il se basera sur les résultats des différents examens de laboratoire pour établir un diagnostic final. Les professionnels de la santé évoquent trois cas distincts d’hémoptysies.

  • Les hémoptysies de faible abondance demeurent les plus fréquentes. Elles se traduisent par un rejet de salive avec des stries sanglantes. Les spécialistes parlent de queue d’hémoptysie lorsque les expectorations deviennent noirâtres.
  • Les hémoptysies de moyenne quantité s’accompagnent généralement d’une accélération du rythme cardiaque. Les patients ressentent une forte angoisse associée à des sueurs.
  • Quant aux hémoptysies de grande abondance, elles provoquent des gènes respiratoires susceptibles d’entraîner une asphyxie.

Vous ne devez pas confondre ce phénomène avec une hématémèse. Ce thème désigne un vomissement ensanglanté dû à des lésions de l’appareil digestif. Il se distingue également de l’épistaxis déglutie qui représente un saignement par le nez et la bouche.

Hémoptysie, une manifestation liée à diverses maladies

Diverses pathologies plus ou moins graves peuvent entraîner des crachats sanguinolents. Les pneumologues doivent donc souvent prendre en compte les autres symptômes et les examens en laboratoire pour établir le diagnostic.

Hémoptysie, la conséquence de maladies bénignes

Le rejet d’expectorations sanglantes ne signifie pas forcément que vous souffrez d’un problème dangereux. Dans la plupart des cas, cette anomalie résulte de simples infections des appareils respiratoires. Une bronchite aigüe ou chronique n’engage aucunement votre pronostic vital. Ce symptôme peut également s’expliquer par la présence de tumeurs pulmonaires non malignes. Les pneumologues diagnostiquent aussi parfois une bronchiectasie. Cette pathologie désigne un élargissement anormal des voies respiratoires. Elle s’observe assez rare. De même, une lésion bronchique primitive peut déclencher une hémoptysie chez les fumeurs. Les crachats sanguinolents peuvent résulter des infections telles que les pneumopathies, les abcès du poumon ou les kystes hydatiques. Les maladies pulmonaires professionnelles comme les pneumoconioses peuvent également provoquer un rejet d’expectorations sanguinolentes.

Hémoptysie, la manifestation d’une pathologie grave

Parfois, les crachats ensanglantés représentent les manifestations physiques de maladies dangereuses. Ils s’observent chez les personnes qui souffrent de pneumonie, d’embolie pulmonaire ou d’insuffisance cardiaque congestive. Un cancer peut affecter les bronches et provoquer leur dilatation. Cela entraîne généralement une surinfection accompagnée d’hémoptysie. Ce phénomène touche aussi les individus atteints des maladies inflammatoires ou auto-immunes comme le lupus, la granulomatose de Wegener ou le syndrome de Churg-Strauss. La tuberculose représente également l’une des causes majeures de crachats ensanglantés. Les bronchectasies deviennent dangereuses en cas de récidive. Certaines hémoptysies proviennent de problèmes cardiovasculaires liés à une dyspnée après un effort physique, à un œdème ou à une hypertension pulmonaire.

Hémoptysie, un problème génétique ou de choc accidentel

Les malformations des veines et des artères pulmonaires peuvent provoquer un rejet d’expectorations sanglantes. Cela s’observe souvent avec les personnes concernées par un angiome ou un anévrisme artério-veineux. Ce phénomène touche également les individus affectés par les maladies congénitales comme la mucoviscidose ou la fibrose kystique. Celles-ci s’attaquent prioritairement aux voies respiratoires et au système digestif. Les traumatismes liés à une chute ou à un accident de voiture peuvent aussi entraîner une hémoptysie. De même, vous pouvez émettre des crachats sanguinolents après une bronchoscopie ou une aspiration anormale de nourriture. Vous pouvez remarquer ce phénomène après la prise d’un traitement anticoagulant ou la consommation de tabac et des drogues comme le crack ou la cocaïne par les voies aériennes. Des traumatismes thoraciques liés à une fracture costale ou à une contusion pulmonaire peuvent aussi générer une hémoptysie.

Hémoptysie, quel est le spécialiste à contacter ?

Vous pouvez solliciter n’importe quel médecin généraliste pour les consultations préliminaires en cas de crachats sanguinolents. Toutefois, celui-ci finira certainement par vous recommander un pneumologue. Contactez donc rapidement ce professionnel pour éviter les pertes de temps. Il s’occupe de tous les patients affectés par des maladies relatives aux poumons, aux bronches ou à la plèvre. Il intervient pour soigner les personnes victimes d’insuffisance respiratoire, de pneumoconioses. Il traite les pathologies infectieuses comme les abcès de poumon, la broncho-pneumonie, la tuberculose, etc. Il dispose également des qualifications et des compétences requises pour prendre en charge les patients atteints de cancer bronchique. Vous pouvez aussi le consulter pour les affections liées au tabagisme comme la bronchite chronique, l’emphysème, etc. il s’occupe également des problèmes d’asthme, de mucoviscidose et des intoxications générées par une exposition à des produits nuisibles. Peu importe les causes de l’hémoptysie, le pneumologue représente le spécialiste de référence pour la prise en charge et le traitement de ce mal.

Hémoptysie, un diagnostic obligatoire

Les crachats de sang peuvent représenter le symptôme d’un mal bénin ou d’une pathologie grave et contagieuse. Vous devez donc vous rendre en consultation en urgence dès que vous remarquez une telle manifestation. Vous devez agir très vite si vous rejetez une quantité importante de sang. Cela vous permettra de prévenir tout risque d’étouffement. Le pneumologue contacté devra recueillir suffisamment d’informations pour cibler l’origine du dysfonctionnement. Il commence généralement par un interrogatoire pour relever vos antécédents.

Le spécialiste s’intéresse également aux autres symptômes présentés par le patient. Il prend en compte la quantité, la fréquence et la couleur de sang rejeté. Cela lui permet d’évaluer l’urgence de la situation. Son analyse porte aussi sur les manifestations complémentaires comme la transpiration, la sensation d’angoisse, l’accélération du rythme cardiaque, la brutalité de la toux, la présence de gênes respiratoires, les risques d’asphyxie, etc. Dans certains cas, le pneumologue élargit l’interrogatoire à l’entourage des patients pour mieux comprendre le déclenchement du phénomène. Il recourt aussi souvent à des examens et analyses avant de communiquer son diagnostic final.

  • Une radiologie pulmonaire s’impose généralement pour repérer les zones hétérogènes denses. Cela permet de déceler la présence de sang au niveau des alvéoles. L’étude des documents aide également à identifier plus facilement les lésions responsables des crachats sanguinolents. Le spécialiste peut aussi réclamer une endoscopie bronchique et un angio-scanner.
  • Le pneumologue peut recommander une radiographie thoracique pour déterminer l’origine du problème de façon plus précise. Dans certains cas, il impose un examen sanguin pour rechercher le bacille de Kock lorsqu’il suspecte une tuberculose. Il exige une artériographie bronchique s’il prévoit un traitement par embolisation. Il recourt aussi quelquefois à un bilan cardiovasculaire. Cela dépend des manifestations observées et des antécédents du patient.

En matière de symptômes associés, l’hémoptysie due à des infections s’accompagne généralement de fièvre et de douleurs au thorax. En cas de cancer ou de tuberculose, les personnes souffrent aussi d’amaigrissement et de dyspnée. Peu importe la gravité des problèmes relevés, des traitements existent pour y remédier rapidement.

Hémoptysie, des risques de complications

Vous devez rapidement consulter un pneumologue lorsque vous commencez à rejeter des expectorations sanguinolentes. Cela vous met à l’abri d’une éventuelle aggravation des symptômes. En effet, ce phénomène peut évoluer en fonction de ses causes et des maladies dont il relève. A priori, il ne représente qu’un mal bénin dans la plupart des cas. Toutefois, il peut provoquer la mort par étouffement ou par asphyxie surtout quand les crachats contiennent suffisamment de sang. Une consultation rapide vous permet d’identifier assez vite l’origine du dysfonctionnement pour limiter les risques d’une éventuelle contamination de vos proches et votre entourage. Ne négligez donc pas les examens, les scanners et les radiographies que le pneumologue a réclamés. Cela l’aidera à bien évaluer la situation et à lever les incertitudes.

Hémoptysie, des traitements spécifiques

Les crachats sanguinolents représentent les symptômes de nombreuses maladies. Les pneumologues prennent donc le temps d’identifier leurs causes afin d’offrir aux patients des soins adaptés. La procédure diffère d’une pathologie à une autre. Elle dépend essentiellement du diagnostic établi par le spécialiste après l’auscultation et des examens réclamés.

Hémoptysie, une prise en charge selon l’abondance des crachats

En cas d’expectorations sanguinolentes importantes, le spécialiste sollicité se fixe pour priorité de stopper l’hémorragie afin de réduire les risques d’asphyxie. Son analyse devra prendre en compte les manifestations relevées. En général, il commence par installer le patient en décubitus latéral. Il le positionne sur l’hémithorax de manière à accéder aisément aux voies aériennes supérieures. Il les nettoie avec minutie et récupère les caillots pour permettre à la prise en charge de respirer normalement. Si nécessaire, il procède à une injection intraveineuse de vasopressine selon une certaine périodicité. Généralement, il effectue une fibroscopie bronchique en urgence pour dégager les conduits respiratoires. Ensuite, le pneumologue pourra réaliser différents examens pour établir son diagnostic. Dans certains cas, une intubation sélective s’impose pour stopper les grandes hémorragies persistantes. Le spécialiste prend soin d’éviter la zone d’où proviennent les saignements.

Face à une hémoptysie de faible ou moyenne abondance, la prise en charge se déroule de manière plus décontractée puisque l’urgence ne représente plus une priorité. Le pneumologue fait allonger le patient pour le détendre. Il peut lui fournir un sédatif pour calmer la toux. Parfois, il recourt à un traitement hémostatique. Dans ce cas, il devra procéder à des études préalables pour évaluer les éventuels effets secondaires néfastes de la vasopressine sur le patient. En absence d’urgence, les pneumologues priorisent généralement le diagnostic étiologique pour définir les soins appropriés.

Hémoptysie, une prise en charge selon les causes

Les solutions dépendent essentiellement des manifestations observées chez les patients. Les spécialistes en tiennent compte pour proposer les soins.

  • Les pneumologues prescrivent les antibiotiques pour stopper les crachats sanguinolents d’origine bactérienne. Ceux-ci agissent rapidement sur les microbes responsables du phénomène et les expectorations disparaissent assez vite. Vous pouvez aussi réclamer des béchiques pour calmer des toux intenses.
  • Les professionnels de la santé recommandent généralement l’arrêt des médicaments anticoagulants à l’origine d’une hémoptysie. Si nécessaire, ils prescrivent une autre molécule en lieu et place. Ils peuvent également proposer des cachets additionnels en fonction du diagnostic étiologique.
  • En cas d’hémoptysie de moyenne abondance, les pneumologues peuvent vous mettre sous des comprimés vaso-constricteurs pour stopper les crachats sanguinolents en attendant d’identifier les véritables causes du phénomène.
  • Une artériographie bronchique avec embolisation permet d’arrêter rapidement les saignements en provenance d’un poumon ou des bronches. Dans ce cas, les spécialistes recourent à des équipements sophistiqués pour atteindre les artères bronchiques afin de déceler l’origine des écoulements sanguins. Ils exploitent des outils adaptés pour soigner la lésion détectée. Seuls des professionnels confirmés et expérimentés peuvent gérer une embolisation. Cet exercice délicat intervient notamment en cas d’hémoptysies répétées dues à une bronchectasie. Il permet également de corriger les séquelles de tuberculose. Avec un radiologue sollicité, vous ne vous exposez pas à des risques d’ischémie médullaire ou de nécrose œsophagienne.
  • Une solution alternative consiste à installer une prothèse au niveau du vaisseau sanguin perforé pour arrêter le saignement. Dénommée bronchoscopie, elle se révèle très efficace contre les hémoptysies. Dans d’autres cas, les spécialistes se contentent de cautériser l’artère touchée ou la veine concernée au laser.
  • Le traitement des cancers exige une prise en charge spécifique. Cela peut comprendre des interventions chirurgicales ou chimio-thérapeutiques. Cela se décide en fonction du bilan d’extension et du type de pathologie diagnostiquée.
  • Une opération s’impose généralement pour stopper les cas d’hémoptysie les plus graves. Les spécialistes peuvent demander une pneumonectomie ou une lobectomie. Les crachats sanguinolents s’arrêtent systématiquement avec le retrait des organes affectés. Les professionnels de la santé prennent toutes les dispositions requises pour limiter les séquelles de ces interventions chirurgicales. Notez que ces opérations restent assez rares. Vous ne les subissez qu’en cas de saignements véritablement récurrents et persistants.
Guillaume

A propos de l'auteur: Guillaume

Hématologue dans un grand centre hospitalier en région parisienne, je gère le site dondusang.net depuis 2019.

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