Déconfinement en France : 7 questions sur le port des masques de protection

À l’instar d’autres pays, la France s’était vue obligée de passer au confinement pour mieux faire face à la pandémie du Covid-19. Lancée le 17 mars, la restriction de circulation a largement contribué à la réduction de la vitesse de propagation du virus. Cependant, il convient de souligner que cette mesure a eu un impact non négligeable sur l’économie du pays. D’après une récente étude publiée par l’Insee, l’activité économique française aurait chuté de 36 %. Face à cette crise financière, le gouvernement évoque de plus en plus l’idée d’un déconfinement. Si cette proposition de l’exécutif est une bonne nouvelle pour une population visiblement lassée de rester enfermée à la maison, d’autres pensent qu’il s’agit d’une stratégie risquée. Ces derniers craignent en effet de tomber de Charybde en Scylla, ce qui serait dommage pour le pays.

Si la fin du confinement en France se dessine de plus en plus, il est important de signaler qu’elle se fera dans un contexte particulier. En effet, l’Académie de médecine et le Conseil scientifique ont émis des recommandations qu’il faudra absolument respecter pour éviter un rebond de l’épidémie. Parmi elles, l’obligation du port des masques de protection est un point qui fait couler beaucoup d’encre. Décortiquons ensemble les questions essentielles relatives à cette mesure.

Pourquoi porter un masque de protection ?

Sortir de la crise, c’est l’attente principale des Français en ce moment. En effet, pour une grande majorité de la population, la levée des restrictions de circulation est le seul moyen d’atténuer les dommages socio-économiques d’une longue période de paralysie générale. Conscient de ce fait, le gouvernement évoque une sortie imminente de confinement. Si cette idée est de plus en plus claire, son plan d’application reste plus ou moins flou. On sait cependant que le déconfinement ne se fera pas pour tout le monde au même moment. Il sera progressif pour permettre de mieux maitriser la situation.

Pour une grande partie de la population, l’annonce de la sortie du confinement est une bonne nouvelle. Mais, un déconfinement signifie-t-il que le Covid-19 est complètement éradiqué du sol français ? Il est évident que non. D’après les experts en épidémiologie, le virus sera encore présent sur le sol français après le 11 mai, date retenue par le gouvernement pour lancer la première vague du déconfinement. C’est d’ailleurs pour cette raison que des mesures doivent être prises pour éviter le pire. Quoi qu’on en dise, lever les restrictions sans mettre un accent particulier sur les gestes barrières, c’est ouvrir la voie à une seconde vague de contaminations, plus sévère que la première.

Dans le but de limiter la propagation du virus à la sortie du confinement, les experts recommandent le port des masques de protection. Il s’agit d’ailleurs d’une mesure rendue obligatoire par le gouvernement. En effet, avec le SARS-CoV-2, les symptômes ne sont pas automatiques. Autrement dit, vous ne saurez que vous êtes contaminé qu’a posteriori. Imaginez le nombre de personnes que vous pourriez rencontrer et à qui vous auriez transmis le virus si vous n’adoptez pas les gestes barrières.

Contrairement à ce qui se disait au début de l’épidémie, le port du masque est aujourd’hui recommandé pour tout le monde. À la sortie du confinement, les regroupements seront inévitables. Dans les bus et les trains par exemple, il sera difficile, voire impossible, de respecter strictement la distance d’un mètre. Dans une situation pareille, le port d’un masque de protection est indispensable. Même si vous n’empruntez pas les transports communs, vous devez utiliser cet équipement pour vous protéger de l’air contaminé par un sujet porteur du virus qui parle, tousse ou éternue à côté de vous. Si vous cherchez des masques de qualité pour maximiser votre protection lors de vos déplacements à la sortie du confinement, n’hésitez pas à faire un tour sur le site https://www.electrostimulateur.ch/357-masques-respiratoires-et-de-protection.  

Le masque est-il une protection efficace ?

Si le port des masques de protection est fortement recommandé par les scientifiques, certains doutent encore de l’efficacité de cette mesure. C’est d’ailleurs ce qui a motivé une récente étude réalisée par un groupe de scientifiques sur l’haleine de 250 personnes. Dans cette étude, il a été prouvé que le souffle d’une personne qui porte un masque de protection ne contient pas de trace génétique du Covid-19. Par contre, environ 4 cas sur 10 chez les sujets non masqués révèlent des traces du virus. On en déduit donc que le port du masque permet de stopper les virus.

À cette expérience s’ajoutent les témoignages positifs venant d’ailleurs. En Extrême-Orient par exemple, le port d’un masque anti-projections est presque une coutume. En plus d’être un acte de civisme, ce geste constitue une mesure efficace de prévention dans des situations d’épidémie de virus. Dans des pays comme le Taïwan et le Singapour, le port du masque de protection par la population a largement contribué à la réduction du nombre de personnes contaminées par le Covid-19.  

Se basant sur ces observations, les experts estiment que le fait d’imposer le port du masque de protection à la sortie du confinement aiderait à mieux face à l’épidémie en France. Pour eux, il ne s’agit pas d’une solution contraignante et le pays risque aurait tort de ne pas adopter cette mesure.

Porter un masque suffit-il pour se protéger de la contamination ?

Certes, porter un masque de protection est une bonne chose, mais ce geste seul ne suffit pas pour combattre le Covid-19. En effet, il existe d’autres mesures préventives que vous devez adopter pour mettre en place une protection optimale contre le virus. Selon les experts de la santé, le masque est réservé aux contacts rapprochés. Retenez toutefois que les autres exigences sont toujours valides. Si vous êtes malade, restez chez vous. Lavez-vous régulièrement les mains à l’eau et au savon ou utilisez un gel hydroalcoolique. Respectez la distanciation d’un mètre.   

S’il est important de porter un masque, il faut savoir l’utiliser pour profiter d’une bonne protection. Avant chaque utilisation, il est conseillé de se laver les mains. En outre, il faut veiller à bien placer le masque. Il ne suffit pas de le mettre n’importe comment. Dans les normes, cet accessoire de protection doit être serré au niveau du nez et couvrir jusqu’en dessous du menton, de manière à ne pas laisser passer l’air.

Une fois que le masque est correctement mis en place, évitez de le toucher, au risque de vous contaminer. En effet, le masque est destiné à filtrer les microbes qui restent généralement collés à sa surface. En touchant le masque avec les mains, vous ramassez les microbes et vous devenez ainsi un potentiel porteur du virus et un agent de propagation.

Si votre masque est mouillé par des goulettes, changez-le automatiquement. Même en l’absence de salissure, il est conseillé de changer régulièrement de protection. Pensez donc à en garder plusieurs sur vous lors de vos déplacements à la sortie du confinement. Une fois de retour à la maison, retirez le masque en le tenant par ses cordes et jetez-le dans une poubelle à couvercle ou un sac doté d’une fermeture fonctionnelle. N’oubliez pas de vous laver les mains à la fin du processus.

Quel type de masque de protection sera utilisé ?

Jusqu’à présent, il existe deux grandes catégories de masques de protection reconnus par les scientifiques pour leur efficacité à bien filtrer les particules. Il s’agit des masques de protection et des masques médicaux ou chirurgicaux. Pour un novice, il est plus ou moins difficile de différencier les deux types d’accessoires. Pourtant, ils diffèrent l’un de l’autre par leurs performances et leurs usages.

Comme leur appellation l’indique, les masques de protection sont destinés à protéger le porteur d’un contaminant. En général, la protection a lieu de l’extérieur vers l’intérieur. À noter que ce type de masque est souvent utilisé par les opérateurs dans le monde industriel pour se protéger des fumées toxiques ou de la poussière d’amiante.

Dans une situation de virus à fort potentiel de propagation comme le nouveau coronavirus, l’utilisation des masques de protection est cruciale. Ils sont généralement rangés dans trois catégories à savoir :  

  • Les masques de protection FFP1 : reconnaissables par leur élastique jaune, ces masques certifiés NF EN 149 : 2001 offrent une filtration de 80 % pour 0,6 micron. Ils sont adaptés pour un usage dans des milieux où la poussière est absente.
  • Les masques de protection FFP2 : caractérisé par un élastique bleu ou blanc, ce type de masque est produit par plusieurs groupes en France. Certifiés NF EN 149 : 2001, ils sont recommandés au personnel médical en contact avec les malades et aux personnes qui travaillent dans des environnements exposés à des éléments comme la vapeur, la fumée et l’aérosol. D’une puissance de filtration de 94 % pour 0,6 micron, ce type de masque de protection est fortement sollicité. Les experts estiment qu’il y a un besoin de plus de millions de masques FFP2 par semaine en France.
  • Les masques de protection FFP3 : avec un élastique rouge, ce type de masque garantit une filtration de 99 % pour 0,6 micron. Certifié NF EN 149 : 2001, il est produit en France par plusieurs groupes et est conseillé pour ceux qui travaillent dans des environnements fortement exposés à des vapeurs, des aérosols ou des fumées. Il représente également une protection efficace pour les agents de santé qui sont en contact avec les patients.

Pour obtenir la certification FFP (Filtering Facepiece) pour leurs masques, les fabricants doivent s’assurer que leur produit possède un degré suffisant de filtration pour des particules émises de 0,6 micron. De plus, un test complémentaire doit être réalisé avec l’ensemble du masque pour évaluer sa fuite totale vers l’intérieur. De façon générale, les pièces faciales filtrantes sont des masques jetables. Précisons toutefois qu’il existe des modèles réutilisables (FMP1, FMP2 et FMP3) souvent utilisés dans l’industrie.

Y aura-t-il suffisamment de masques pour couvrir les besoins de la population ?

Dans une récente communication, le Premier ministre, Édouard Philippe a donné des chiffres en ce qui concerne la capacité de production locale. Toutes catégories confondues, la France produit en moyenne 8 millions de masques par semaine. À noter que des mesures sont prises par le gouvernement pour augmenter la capacité de production afin de satisfaire le plus grand nombre.

Malgré l’effort des fabricants locaux, les masques ne sont pas encore accessibles à tout le monde en France. En mars dernier, le ministre de la Santé, Olivier Véran, avait estimé les besoins hebdomadaires à 24 millions de masques (toutes catégories comprises). Mais, une nouvelle estimation en avril révèle un besoin hebdomadaire de 45 millions de masques. Il est donc évident que le pays ne peut pas compter uniquement sur sa capacité de production pour satisfaire les demandes. À cette faiblesse s’ajoute le problème de la certification. En effet, qu’il s’agisse de masques de protection ou de masques médicaux, les produits doivent forcément recevoir le marquage CE avant d’être mis en vente.

Quelle stratégie pour satisfaire la forte demande ?

Face à la pénurie de masques de protection, le gouvernement est obligé de prendre l’option de l’importation. Le 28 mars par exemple, on apprend que la France a commandé un milliard de masques à la Chine. Mais, selon une information anonyme relayée par France Info, cette première commande comprenait seulement 74 millions de masques FFP2. Début avril, le gouvernement annonce que les commandes seront doublées, ce qui est d’ailleurs logique. En effet, avec le plan de déconfinement et les exigences qui vont avec, les masques de protection seront beaucoup utilisés. On peut donc entrevoir que les commandes vont également augmenter.

Dans un contexte où la concurrence est rude entre les États, il est important pour le gouvernement de constituer des stocks suffisants de masques de protection pour la mise en application de son plan de déconfinement. Mais, quand on analyse la situation actuelle, la France est encore très loin de la réalité. Dans les jours à venir, la tension sera encore plus forte, car tous les pays voudront constituer des stocks pour lutter contre la propagation du virus à la sortie du confinement.  

Comment seront identifiés les porteurs du virus à la sortie du confinement ?

À en croire certaines sources, le déconfinement pourrait également impliquer un renforcement du traçage numérique. D’après les récentes communications, le gouvernement français serait en communication avec des personnes ressources pour trouver la meilleure façon de pister et d’isoler automatiquement toute personne dépistée positive à la fin du confinement. En effet, des pays comme la Corée du Sud ont utilisé le pistage numérique pour repérer les porteurs du virus et endiguer l’épidémie sur leur territoire.

Pour le moment, nul ne peut dire avec exactitude quand le port des masques de protection cessera d’être une obligation en France. Cependant, les déclarations de certaines personnalités portent à croire que la situation va durer longtemps. Interrogée sur le sujet, Isabelle Bonmarin, Médecin épidémiologiste à l’InVS fait savoir que le port des masques restera obligatoire pendant des mois, voire une année. D’ailleurs, l’OMS recommande de ne pas baisser la garde jusqu’à l’éradication totale du virus. En attendant d’avoir un traitement adéquat ou un vaccin pour immuniser une grande partie de la population, le port des masques de protection restera une mesure incontournable.

En ce qui concerne les sanctions pour le non-respect de cette mesure, il est encore trop tôt pour se prononcer sur le sujet. Néanmoins, on sait que le gouvernement tient quotidiennement des assises avec la RATP, la SNCF et d’autres opérateurs pour trouver un consensus. Il revient donc à chacun de prendre ses dispositions pour se conformer aux règles afin de se protéger et d’éviter les ennuis.

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