Comment réduire les pertes de sang lors d’une intervention chirurgicale ?

La chirurgie est une opération à travers laquelle un chirurgien pratique une incision sur la peau d’un patient. Le patient est mis sous anesthésie avant l’incision et surveillé constamment pendant l’intervention chirurgicale. En outre, la chirurgie peut aussi servir à rechercher les causes d’une maladie ou d’une infection. Dans ce cas, on parle d’une chirurgie exploratoire. Cependant, une chirurgie n’est pas toujours bénigne, et de nombreux problèmes peuvent survenir.

On peut compter parmi ces problèmes, la survenue d’une hémorragie ou perte de sang importante. C’est le risque qu’encourt n’importe quel patient devant subir une chirurgie. Si l’hémorragie est rapidement maîtrisée, elle n’aura pas de conséquence grave sur la santé du patient. Dans le cas contraire, elle pourrait entrainer la mort. Alors, comment prévenir ce risque et comment réduire les pertes de sang pendant une intervention chirurgicale ? Quelles en sont les causes ?

Comprendre l’importance du sang dans le corps humain

Les médecins estiment la quantité de sang dans l’organisme entre 4 et 5 litres. C’est un élément très essentiel pour le bon fonctionnement du corps humain. Il se charge de nourrir tous les organes et tissus du corps. À ce titre, il leur apporte de l’oxygène, des nutriments, et évacue les déchets. Il s’agit là de sa première fonction, accomplie par les globules rouges qu’il contient. Les globules blancs contenus dans le sang sont également très utiles pour le système immunitaire. Ils aident ce dernier à lutter contre les infections et maladies. Les plaquettes sont le troisième élément constitutif du sang. Elles interviennent lors de saignements pour les stopper. Elles se chargent de former ce qu’on appelle les « caillots » qui permettent d’arrêter un saignement. Il y a aussi un autre élément présent dans le sang appelé plasma. Il intervient dans le processus de coagulation et aide aussi l’homme à contrer les infections et les maladies.

Il est donc très important de maintenir abondante la quantité de sang dans le corps. Il l’est encore plus dans le cas d’une intervention chirurgicale où les risques de perte de sang sont élevés. Voir sur ce site pour en savoir plus sur le sang, les maladies, les traitements et le corps humain !

Les interventions chirurgicales et la perte de sang

Lors d’une intervention chirurgicale, la perte de sang peut être externe ou interne. L’hémorragie externe se manifeste par une rupture de l’épiderme. Par exemple, cela peut arriver lorsque le patient est coupé accidentellement par un instrument chirurgical. En ce qui concerne l’hémorragie interne, le sang s’échappe directement par les vaisseaux sanguins, mais reste à l’intérieur de l’organisme. Ce type de saignement peut se montrer difficile à diagnostiquer et à traiter.

Toutefois, il peut arriver que la partie où se produit l’hémorragie présente une enflure sur la peau. Quel que soit le cas, un saignement peut être identifié à partir les signes suivants :

  • Une peau froide et moite ;
  • Une pâleur ;
  • Un pouls rapide et faible ;
  • Des difficultés respiratoires ;
  • Un écoulement de sang par la bouche ;
  • Une contusion, qui se forme quand il y a du sang sous la peau.

Lors d’une intervention chirurgicale, un ulcère d’estomac peut provoquer une hémorragie. Si le patient a récemment fait usage d’herbes médicinales, cela peut aussi provoquer des saignements. Pour être plus précis dans son diagnostic, le chirurgien peut aussi faire une analyse de sang.

Les conséquences négatives liées à la perte de sang

Comme souligné un peu plus haut, les risques d’une perte de sang lors d’une chirurgie sont très élevés. Cette perte peut être très importante et rapide, créant de graves complications et entrainant quelques fois la mort. Les complications pouvant arriver dépendent de la quantité de sang perdue et des caractéristiques de la personne concernée. Ces caractéristiques comprennent le plus souvent la masse corporelle et les antécédents médicaux.

Si le patient perd trop de sang, il peut entrer dans un état de choc hypovolémique. Les médecins estiment qu’il s’agit là d’une urgence médicale très sérieuse. Le saignement est si important que le cœur n’arrive plus à pomper correctement le sang dans le reste du corps. Les tissus et les organes manquent alors d’oxygène et par conséquent, ils subissent des dommages. Cela peut être plus délicat dans le cas des personnes sujettes à un trouble de saignement ou utilisant des anticoagulants.

Réduire les saignements lors d’interventions chirurgicales

Limiter les pertes de sang revient avant tout à stopper l’écoulement de sang. La méthode employée est fonction de la cause du saignement et de l’endroit d’où il provient. Si l’hémorragie est externe, provenant d’une coupure ou d’une déchirure, le procédé pour arrêter le saignement est simple. Très souvent, il suffit d’exercer une pression sur l’ouverture, d’ajouter un bandage ou de faire une suture sur la plaie. Dans le cas d’une hémorragie interne, les choses peuvent se montrer plus compliquées.

Il faudra par la suite remédier aux conséquences de l’hémorragie. Pour ce faire, il faudra tenir compte de la quantité de sang perdue par le patient, la rapidité avec laquelle le sang s’est échappé, son état de santé, les médicaments employés et enfin, ses convictions religieuses. Si la perte de sang est légère, un traitement fait à partir de médicaments et de liquides pourrait suffire.

En revanche, si la perte est abondante, les médecins feront appel à des méthodes plus strictes. La première d’entre elles est la transfusion sanguine.

La transfusion sanguine

Pendant longtemps, la médecine a fait confiance à la transfusion sanguine pour faire face à ce type de problème. Avant d’appliquer cette méthode, le patient doit d’abord subir une analyse sanguine afin de trouver un donneur compatible. Cette compatibilité est déterminée selon le groupe sanguin du patient et d’autres facteurs. La transfusion s’effectue par le biais d’une intraveineuse et contient les composants essentiels dont le patient a besoin.

Cependant, une transfusion sanguine est un acte médical avec des risques non négligeables. En voici quelques-uns !

Des réactions à la transfusion

Lors d’une transfusion sanguine, le sang reçu par le patient peut être incompatible avec son groupe sanguin. Dans ce cas, les conséquences sur lui peuvent être graves. Cela peut causer une hémolyse, c’est-à-dire la destruction de ses globules rouges. Cette pratique peut également entrainer des dommages rénaux et parfois la mort. On observe 1 cas sur 40 000 de transfusion avec incompatibilité.

Des risques d’une maladie infectieuse

Certes, les poches de sang sont minutieusement analysées, mais les risques d’une infection virale ne sont pas totalement nuls. Une transfusion sanguine peut conduire une personne à être infectée par le VIH, l’hépatite ou encore le virus du Nil occidental. Elle encourt également des risques d’une infection bactérienne ou parasitaire. Dans le cas du VIH, le risque qu’elle soit infectée lors de la transfusion est inférieur à 1 cas sur 4 000 000. Celui de l’hépatite C est inférieur à 1 sur 2 800 000 cas.

Des risques de réactions allergiques

Une personne qui reçoit une transfusion sanguine peut manifester des réactions allergiques. Ces réactions peuvent se montrer légères et facilement traitables. Cependant, il peut arriver que ces réactions se révèlent très graves, pouvant même conduire à la mort. Selon les médecins, le risque qu’un patient fasse une réaction allergique est d’environ 1 cas sur 40 000.

Des méthodes alternatives à la transfusion sanguine

Les risques inhérents à la transfusion sanguine ont conduit les chercheurs à rechercher d’autres alternatives. Un autre facteur qui a poussé vers cette recherche est la pénurie de sang. Aujourd’hui, la médecine dispose de nouvelles solutions appelées solutions de remplacement ou solutions de rechange. Ces solutions visent à donner au patient le strict minimum dont il a besoin et ainsi limiter la transfusion sanguine, voire l’éviter totalement.

En effet, l’objectif est de combiner des médicaments, des instruments médicaux et des techniques chirurgicales. Ces nouvelles pratiques révolutionnent peu à peu les interventions chirurgicales. Plusieurs hôpitaux concentrent leurs efforts pour développer des pratiques de conservation du sang et des techniques d’intervention non hémorragique. Voici quelques-unes de ces méthodes !

L’utilisation de médicaments pour réduire les pertes de sang

Aujourd’hui, il existe des médicaments pouvant aider l’organisme à produire plus de cellules sanguines. À titre illustratif, l’érythropoïétine sert à augmenter la production de globule rouge. Pour utiliser cette méthode, il faut donner au patient une perfusion de fer, environ un mois avant l’intervention. Le fer joue un rôle très important. Il est contenu dans les globules rouges et participe à la distribution de l’oxygène dans le reste du corps humain. Seulement après, le patient pourra recevoir une injection d’érythropoïétine. Il s’agit d’une hormone qui a la capacité de stimuler les cellules de la moelle osseuse qui forment les globules rouges. Le résultat est alors une multiplication du nombre de globules rouges dans le sang du patient. Par conséquent, on assiste à une augmentation du taux d’hémoglobine.

En outre, il y a aussi le G-CSF et le GM-CSF. Le premier est un facteur de stimulation des colonies de granulocytes. Le second quant à lui est un facteur de stimulation des colonies de granulocytes et de macrophages qui active la production de globules blancs. Par ailleurs, il existe aussi d’autres médicaments pouvant jouer le même rôle. Ils permettent de réduire la perte de sang pendant et après une chirurgie. Ils sont également efficaces lorsqu’il y a des pertes soudaines de sang.

Il y a d’autres classes de médicaments, dont les liquides spéciaux (le pentastarch) et les solutions salines. Dans ce dernier cas, le soluté lactate de Ringer peut être utilisé pour remplacer la quantité de sang perdue. Nous pouvons également parler de l’utilisation de l’acide tranexamique en vue de freiner les saignements lors d’interventions chirurgicales. Ce procédé aide le patient à avoir un nombre suffisant de globules rouges le jour de l’opération. Lorsque le taux de globules rouges est normal, le patient reçoit trois perfusions contenant l’acide tranexamique. La première est faite avant le début de l’intervention chirurgicale. La seconde perfusion survient juste après l’opération. Enfin, la troisième perfusion lui est injectée environ 5 heures après. Cela évite la perte de sang lors de l’intervention, et le patient récupère plus rapidement que d’habitude.

L’utilisation d’appareils de récupération de sang épanché

C’est un système d’autotransfusion peropératoire. Plus précisément, c’est un appareil qui permet de récupérer le sang épanché lors d’une chirurgie afin de le réinjecter au patient. Il faut noter qu’en médecine il existe deux types de systèmes d’autotransfusion peropératoire. Il y a d’abord ceux qui permettent simplement de filtrer le sang avant sa réinjection au patient et ensuite ceux qui effectuent une concentration et un lavage des globules rouges.

La récupération du sang épanché est également connue sous le nom d’épargne cellulaire. Cette technique a été conçue pour éviter les recours à la transfusion de sang provenant de donneurs. Elle peut aider à réduire considérablement les pertes de sang pendant les interventions chirurgicales. L’épargne cellulaire consiste à recueillir le sang d’un patient subissant une opération pour le lui transfuser à nouveau.

Cette nouvelle transfusion peut se faire pendant l’intervention chirurgicale ou après celle-ci. Les médecins recommandent l’utilisation de l’épargne cellulaire pour certaines interventions comme les chirurgies cardiaques et orthopédiques. En effet, les expériences ont démontré que la méthode de l’épargne cellulaire n’a aucun résultat clinique indésirable sur le patient qui la subit.

Les techniques chirurgicales pour réduire les pertes de sang

Il s’agit également, à ce stade, d’une classe de méthodes qui peuvent réduire les risques de pertes de sang pendant une intervention chirurgicale. Dans le cadre des techniques chirurgicales, l’objectif est de réduire la taille des incisions effectuées lors d’une chirurgie. Lorsque l’opération nécessite une grande incision par exemple, le chirurgien peut les subdiviser en plusieurs, de petites tailles de moindre importance. On retrouve la technique de la laparoscopie ou de la cœlioscopie.

La laparoscopie est très différente de la chirurgie classique. Il s’agit d’une technique d’endoscopie médicale. Elle est surtout utilisée pour faire un diagnostic ou pour réaliser une chirurgie sur la cavité abdominale. Elle se fait sous anesthésie générale, suivant de petites et simples incisions.

La planification peropératoire pour réduire les saignements

La planification peropératoire est une méthode prouvée pour réduire les pertes de sang lors des interventions chirurgicales. Dans le cadre de cette méthode, le patient doit suivre certaines règles imposées par le chirurgien avant l’opération. Il doit réduire ou arrêter la prise de médicaments pouvant augmenter le risque de saignement lors de l’opération. À la place, il prendra d’autres médicaments qui serviront à augmenter le nombre de cellules sanguines dans son organisme.

Un autre moyen est la technique anesthésique d’hypotension contrôlée. C’est une méthode visant à diminuer les saignements lors d’une intervention chirurgicale. Mais, ce n’est pas les seuls procédés existant dans la planification peropératoire. Dans d’autres cas, certaines personnes choisissent de constituer une réserve de leur propre sang. Ceci est fait dans l’objectif d’éviter les risques liés à une transfusion de sang provenant d’un donneur. Le sang est alors entreposé jusqu’à l’opération.

Les solutions de rechange vs la transfusion sanguine

Les chirurgiens recherchent depuis des années des solutions pour éliminer les besoins de transfusion sanguine lors d’une intervention chirurgicale. Ce procédé peut avoir des conséquences très fâcheuses pour le patient qui le subit. L’objectif des médecins est de le réaliser uniquement en cas de nécessité extrême. Les solutions de rechange sont alors plébiscitées et testées en premier avant de penser à une transfusion de sang provenant d’un donneur.

Toutefois, les solutions de remplacement ont toutes leurs avantages et leurs inconvénients. À ce titre, les impacts positifs et négatifs varient d’un individu à un autre. En outre, toutes les solutions de rechange ne correspondent pas à tout le monde. Une étude préalable est nécessaire pour que le chirurgien puisse déterminer la méthode qui serait le mieux adaptée à son patient.

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