Comment limiter les transfusions sanguines en chirurgie ?

En médecine, la transfusion sanguine est un rempart qui sauve beaucoup de vies. Plusieurs sont en effet les patients qui présentent une anémie au cours de l’étape critique de leur maladie et la seule solution qui les sort d’affaires, c’est la transfusion. Pour ceux qui subissent une intervention chirurgicale, c’est toute une autre histoire, il s’agit d’une question de nécessité. D’ailleurs, il est prouvé que le nombre de transfusions sanguines réalisées autour d’une intervention en chirurgie dépasse nettement tous les autres cas de figure. Or, la transfusion n’est pas une solution aussi gagnante que ça. Considérant les risques, il est préférable de limiter au maximum les transfusions sanguines. Mais comment y arriver alors que le besoin tient ferme ? Découvrez dans cet article comment limiter les transfusions sanguines en chirurgie.

Pour commencer, que retenir d’une transfusion sanguine ?

Il faut retenir que la transfusion sanguine ne se résume pas à l’unique acte de transfuser du sang à un patient qui en a besoin parce qu’il présente une hémorragie ou parce qu’il subit une opération. Avant qu’on en arrive à la transfusion, il y a l’étape du don. Le don de sang consiste au prélèvement de 400 à 500 ml de sang chez une personne âgée au moins de 18 ans. Ce sang est composé de globules rouges, de globules blancs et de plaquettes, le tout mélangé dans un liquide jaune pâle appelé plasma. Notez déjà qu’un homme est autorisé à donner quatre fois son sang par an alors qu’une femme peut faire jusqu’à 6 dons en 12 mois. Au-delà du sang, un donneur peut souscrire uniquement à un don de plaquette ou de plasma. Les plaquettes sont en effet nécessaires pour les patients dont la moelle ne fabrique plus les cellules sanguines. Elle peut être donnée douze fois par an, avec un délai d’un mois entre deux dons pour tous les sexes. Pendant ce temps, le don de plasma est possible au plus 24 fois par an.

La transfusion sanguine est donc un processus plus grand qui permet au malade ou au patient de bénéficier directement du liquide vital afin de remplacer les pertes subies par son organisme. Découvrez pourquoi les donneurs aiment donner leur sang.

Le sang et ses produits : quelle importance dans la transfusion ?

Une personne qui donne son sang est un donneur. Le sang donné par un donneur est appelé du « sang total ». Ce qu’il faut savoir c’est que dans ce sang sont contenus plusieurs produits que peuvent privilégier les médecins pour une transfusion. Ces « produits » sont obtenus grâce à des procédés spéciaux conçus pour séparer le sang en différentes parties. Si les produits sont parfois privilégiés au détriment du sang total, c’est bien pour permettre au patient de recevoir seulement la ou les parties précises du sang dont il a besoin. Chaque partie du sang a sa propre fonction et par ce procédé, une seule poche de sang total peut être utilisée pour plusieurs patients. On distingue essentiellement 4 grands types de produits du sang. Il s’agit :

  • Du Cryoprécipité ;
  • Des globules rouges ;
  • Des plaquettes ;
  • Du plasma (qui peut être aussi transformé en produits de protéines plasmatiques comme l’albumine, les concentrés de facteurs de coagulation et les immunoglobulines).

Focus sur le produit « globule rouge »

Les globules rouges sont transfusés à un patient pour augmenter dans son organisme l’approvisionnement en oxygène. Chez l’humain, les globules rouges ont pour rôle essentiel de transporter l’oxygène dans le sang vers toutes les parties du corps. Or, après une perte de sang en raison d’un saignement, d’une chirurgie ou d’un accident, l’anémie qui s’installe chez le patient se manifeste de façon drastique. Avec une transfusion de globule rouge, le risque est rapidement jugulé et permet au médecin traitant de continuer son intervention.

Les plaquettes et le plasma


Très utiles, surtout en chirurgie, ces deux produits permettent d’arrêter ou de prévenir un saignement. Dans un premier temps, les plaquettes permettent au sang de former des caillots en adhérant aux vaisseaux sanguins sectionnés. De l’autre côté, le plasma contient également des protéines comme des facteurs de coagulation très importants pour empêcher le sang de sortir des vaisseaux sanguins. Au lieu de soumettre le patient à une transfusion sanguine répétée à cause d’une hémorragie, celui-ci peut bénéficier d’une transfusion de plaquettes ou de plasma.

Les risques liés à la transfusion sanguine

Avant toute chose, il est important de rappeler que les normes de sécurité sont très élevées pour tout ce qui a rapport aux réserves de sang. Grâce à ces normes, la probabilité de contracter le VIH (SIDA), l’hépatite C, l’hépatite B, le HTLV, la malaria, le virus du Nil occidental et d’autres infections rares est presque nulle. Toutefois, il y a toujours des risques qui tiennent tête. Il existe malgré toutes les précautions, des chances de choper une maladie après une transfusion ou carrément d’avoir des effets nocifs comme répercussion.

D’entrée, notez qu’une transfusion peut être la cause d’une grave lésion pulmonaire. Le sang transfusé peut causer des problèmes respiratoires et constituer un réel handicap pour les poumons : c’est le premier risque. Cela peut arriver une fois sur 5000 transfusions.

Dans un second temps, la transfusion sanguine peut être à la base d’une infection. Il suffit que la peau du donneur soit gorgée de batterie et que celles-ci arrivent à pénétrer dans le sac de sang pendant le prélèvement. Cela peut arriver une fois sur 10 000 transfusions.

Enfin, le dernier risque, c’est celui de la maladie du greffon contre l’hôte associée à la transfusion. C’est très simple : lorsque le système immunitaire d’un patient est affaibli et que celui-ci reçoit une transfusion, les globules blancs contenus dans le sang transfusé tentent de prendre le contrôle de la moelle osseuse du receveur. Lorsqu’ils y arrivent, la nouvelle moelle peut attaquer le corps du receveur. Parmi tous les risques, c’est lui le plus dangereux. Cela peut être aussi dû au groupe sanguin. Heureusement, cette maladie est très rare puisque les laboratoires prennent la peine de traiter par irradiation le sang du donneur afin de tuer les globules blancs et de prévenir ce problème chez les patients dont le système immunitaire est affaibli.

Devant ces risques, l’attitude à adopter est de discuter avec votre médecin avant d’accepter la transfusion ou carrément d’opter pour les alternatives. Elles sont nombreuses et efficaces.

Les alternatives pour limiter les transfusions sanguines en chirurgie

À ce jour, il existe une dizaine de solutions pour limiter les transfusions sanguines dans le cadre d’une intervention chirurgicale. Ces alternatives ont fait leurs preuves et sont d’ailleurs fréquemment utilisées par les spécialistes en accord avec les patients. Nous vous présentons ici les plus populaires.

L’EPO

L’EPO est l’une des meilleures alternatives en cas d’anémie. Il s’agit d’une hormone dont le rôle est de stimuler les cellules de la moelle osseuse responsables de la production de globules rouges. Avec son action, l’organisme augmente la production des hématies ce qui diminue considérablement les risques d’anémies. Bien entendu, cette alternative se repose entièrement sur le dépistage de l’anémie au moins un mois avant l’intervention chirurgicale. En mettant en place un plan d’action, votre établissement peut rapidement déterminer si vous avez une faible quantité d’hémoglobine dans le sang. Lorsque le diagnostic est établi et que le risque est vérifié, vous serez soumis à une perfusion de fer. Ce n’est qu’après cette perfusion de fer que vous pourrez recevoir une injection d’érythropoïétine (l’EPO). Avec l’EPO, l’anémie diminue ou même disparait. Conséquence : la possibilité d’une transfusion sanguine lors de l’opération est très réduite. Votre chirurgien n’a aucune raison de demander des poches de sang s’il ne remarque pas un risque d’anémie (sévère ou pas). Cependant, l’EPO ne permet pas de réduire les saignements associés à la chirurgie. Face à ce problème, il faut recourir à une autre alternative.

L’acide tranexamique

Si l’EPO permet de régler le problème du faible taux d’hémoglobine et donc du risque d’anémie, il n’a par contre aucun effet sur les saignements pendant la chirurgie. Or, qui parle de chirurgie ne peut occulter ce danger. Pour permettre au patient d’avoir un stock de globules rouges suffisant le jour de l’opération, une perfusion est nécessaire : l’acide tranexamique. Il doit être perfusé 3 fois au patient devant subir l’opération :

  • une première fois avant l’intervention ;
  • une seconde fois au terme de l’intervention ;
  • et une dernière fois cinq heures après l’intervention.

La perfusion d’acide tranexamique permet d’éviter les saignements. Tous les patients en ont besoin afin de récupérer rapidement après la chirurgie.

Le Cell Saver

Il s’agit d’une technique couramment utilisée en chirurgie pédiatrique, particulièrement lors des interventions correctrices sur le rachis. Cette alternative consiste à réaliser une retransfusion peropératoire d’érythrocytes récupérés par aspiration. Elle est efficace, mais très relativement lourde et longue à déployer. Elle nécessite un appareillage spécial avec un personnel spécialisé à sa manipulation. Et puisque le volume érythrocytaire effectivement récupéré dépend de la durée opératoire, le Cell Saver n’est conseillé que pour des interventions longues (la durée prévisible de l’intervention doit dépasser une à deux heures). Par ailleurs, la retransfusion peropératoire d’érythrocytes récupérés par aspiration est une technique formellement contre-indiquée en chirurgie oncologique. En présence d’une infection suspecte ou avérée, la technique n’est également pas conseillée.

L’hémodilution

Utilisé régulièrement chez les jeunes patients, c’est une technique appliquée avant des interventions orthopédiques prolongées. Visitez le site de Thomas le Carrou pour avoir plus d’information sur les comportements à adopter après une opération en orthopédie. L’hémodilution se résume au prélèvement immédiatement préopératoire de plusieurs unités de sang. Lesdites unités de sang sont remplacées par un colloïde. La technique présente des risques transfusionnels nuls. C’est aussi le plus abordable sur le financier. Le cout de l’hémodilution est par exemple nettement moindre que celui lié à la conservation de sang autologue. Cependant, il faut garder à l’esprit que cette technique est contre-indiquée pour les patients qui présentent des d’affections coronariennes ou pulmonaires. D’ailleurs, l’hémodilution entraîne une perturbation de la crase. Ceci est défavorable à l’hémostase.

La récupération des pertes sanguines

Spécialité de la chirurgie cardiaque, cette technique s’est répandue dans les autres branches comme la chirurgie orthopédique. La récupération des pertes sanguines consiste à réinfuser au patient les pertes sanguines récupérées par l’intermédiaire de drains de Redon. Avec cette technique, le volume de sang récupéré dépend du volume perdu dans les drains. En moyenne, cela ne dépasse pas 200 cc. Compte tenu de la complexité de la technique, son usage n’est réservé qu’à des spécialistes. En effet, pour le personnel de la salle de réveil inexpérimenté, le maniement des tubulures liées à ces systèmes est complexe. Cela expose le patient à des risques de réactions fébriles ou de contamination bactérienne.

L’épargne cellulaire

Pour réduire les transfusions sanguines classiques (transfusion de sang provenant de donneurs), le sang du patient peut être récupéré pendant la chirurgie et lui être transfusé. L’épargne cellulaire, encore appelée autotransfusion, peut connaitre sa phase pratique (transfusion proprement dite) pendant ou après la chirurgie, selon les besoins. Le sang recueilli sur le site opératoire comble largement le besoin du patient et lui évite de recourir au sang d’une autre personne. L’autre avantage c’est que le cout est pratiquement nul et le risque d’infection est éliminé.

La prédonation sanguine

Pour prévenir les besoins de sang pendant l’intervention chirurgicale, le patient peut opter pour la prédonation sanguine. C’est une autre forme d’autotransfusion. Ici, la technique est aussi très simple : le patient est convoqué dans un centre de transfusion sanguine entre la troisième et la cinquième semaine avant l’intervention. Il lui est prélevé une à trois unités de sang pendant une semaine d’intervalle. Le jour de l’intervention, devant un besoin de transfusion, le sang qui est donné au patient n’est que son propre sang.

Malgré son caractère simple, la prédonation sanguine est une technique onéreuse. Elle nécessite aussi une infrastructure lourde. Cela n’empêche pas que les spécialistes le conseillent régulièrement. La prédonation sanguine s’est carrément imposée. Toutefois, elle est contre-indiquée pour les patients souffrant d’anémie, d’hypotension ou de maladies infectieuses à transmission sérique.

Découvrez sur ce site d’autres alternatives pour limiter les transfusions sanguines.

Vers l’avènement des substituts sanguins

Toujours en quête de solution pour éliminer considérablement la transfusion sanguine pendant les interventions chirurgicales, la science a mis le grappin sur certains substituts sanguins et des médicaments hémostatiques. Aujourd’hui, ces solutions demeurent expérimentales. Les résultats sont d’ailleurs prometteurs et permettront aux praticiens de les utiliser pour leurs patients.

Quid du sang artificiel ?

À quelques exceptions près se serait la plus grande invention du siècle. Le sang artificiel est apparu comme une solution définitive contre les problèmes de transfusion sanguine. Il faut quand même retenir que le sang artificiel (sang fabriqué en laboratoire) ne peut remplacer entièrement le sang naturel. C’est seulement un substitut qui peut transporter l’oxygène en laboratoire. Il demeure donc expérimental et ne sert d’ailleurs pas à l’usage général en ce moment. Trouvez plus d’information sur le sang artificiel ici.

Produire rapidement du sang en changeant d’alimentation, c’est possible !

Même si une opération est réussie sans recourt à la transfusion sanguine, il est indispensable pour le patient d’accompagner son organisme dans la récupération des pertes subies. À cet effet, la médecine propose assez de solutions. Mais tout le monde n’est pas friand des médicaments ou des injections. Vous avez raison, ce peut être épuisant. Heureusement, il existe des méthodes naturelles pour aider votre organisme à produire rapidement du sang. Il suffit de revoir votre alimentation. Grâce à certains aliments, vous pouvez augmenter les réserves en fer de votre organisme et ériger une barrière contre l’anémie post opération. Adoptez ainsi un régime alimentaire riche en vitamine B9, vitamine B12 et en fer. De façon pratique :

  • utilisez le miel, la mélasse, le sirop d’agave, etc. pour sucrer vos repas ;
  • utilisez de l’huile végétale (sésame, tournesol ou amande) au lieu du beurre ;
  • mangez régulièrement des pommes de terre bio ;
  • mangez toujours à la fin de vos repas un fruit riche en vitamine C (orange, kiwi, fraise) ;
  • intégrez le foie à votre alimentation ;
  • Privilégiez les céréales dans votre alimentation.
0 replies

Leave a Reply

Want to join the discussion?
Feel free to contribute!

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *