Anémie : comment la traiter, causes et symptômes ?

D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 25% de la population mondiale est victime de l’anémie. Ce chiffre plutôt alarmant met en évidence l’ampleur du mal sur le plan mondial. D’une personne à une autre, l’anémie peut se manifester de diverses manières et il importe de tout connaître sur elle pour s’en protéger ou pour recouvrer sa pleine santé si l’on est déjà souffrant. Quelles sont donc les causes de l’anémie ? Comment savoir que l’on en souffre ? Quels sont les traitements disponibles ? On fait le point dans cet article.

Anémie : qu’est-ce que c’est ?

L’anémie se définit comme une baisse en dessous du seuil normal du taux d’hémoglobine dans le sang. Elle se traduit concrètement par :

  • Un taux d’hémoglobine en dessous de 14 g par litre chez l’homme et de 12 g par litre chez la femme ;
  • Un nombre de globules rouges en dessous de 4,5 millions par microlitre chez l’homme et 4 millions chez la femme ;
  • Un hématocrite (volume occupé par les globules rouges circulant dans le sang par rapport au volume total du sang ; il est généralement exprimé en pourcentage) inférieur à 40% chez le sexe masculin et à 37% chez le sexe féminin.

Logée à l’intérieur des globules rouges, l’hémoglobine assure le transport de l’oxygène dans les tissus de l’organisme. Ainsi, dès que son taux baisse de façon anormale, le malade en ressent aussitôt les effets. Néanmoins, pour avoir la confirmation que l’on souffre d’anémie, il faut consulter son médecin qui procédera à un diagnostic.

Diagnostic de l’anémie

Pour diagnostiquer l’anémie chez un patient hormis la prise en compte des symptômes apparents, le médecin prescrit un premier examen appelé numérotation formule sanguine (NFS) ou hémogramme. Il s’agit d’une analyse du sang qui permet d’établir le diagnostic de l’anémie dès lors que le taux d’hémoglobine se révèle inférieur aux valeurs normales.

La numérotation formule sanguine (NFS) présente d’autres éléments qui peuvent permettre au médecin de déceler l’origine de l’anémie. Les résultats de ce même examen peuvent également amener le médecin à demander des examens supplémentaires. Dans certains cas cependant, le diagnostic de l’anémie peut se dérouler différemment. Tel est notamment le cas des malades de la drépanocytose (anomalie héréditaire de l’hémoglobine). Dans ce cas spécifique, le diagnostic d’une anémie a lieu par observation des globules rouges.

Par ailleurs, il importe de préciser qu’il est possible de minimiser les impacts ou le risque de souffrir d’une anémie en prenant particulièrement soin de sa santé. Sur le site www.aaeps.fr, de nombreuses astuces et idées sont données pour entretenir sa santé au quotidien. Prendre ce genre d’habitude permet de préserver sa santé sur le long terme. N’hésitez de ce fait pas à visiter régulièrement le site afin d’obtenir les meilleurs conseils santé et bien-être.

Anémie : quelles causes ?

Une multitude de causes peuvent se retrouver à l’origine d’une anémie. Elles permettent au passage de catégoriser les principaux types d’anémie.

L’anémie ferriprive

L’anémie ferriprive désigne la forme d’anémie la plus courante. Elle est causée par des menstruations abondantes et une alimentation pauvre en fer. C’est une forme d’anémie qui impacte la taille des globules rouges qui deviennent plus petits que la normale (anémie microcytaire).

L’anémie provoquée par une carence en vitamines

Lorsqu’elle est provoquée par une carence en vitamines, l’anémie produit des globules rouges déformés et gros : on parle d’anémie macrocytaire. Les plus fréquentes sont dues à une carence en vitamine B12 et B9. Une carence en vitamine B12 peut avoir pour origine un apport alimentaire insuffisant de cette vitamine ou sa mauvaise absorption dans le tube digestif, comme dans le cas de la maladie cœliaque.

L’anémie hémorragique

Cette forme d’anémie peut être provoquée par une importante perte de sang survenue après un grave accident de circulation, au cours d’une intervention chirurgicale ou durant un accouchement. Des problèmes gastro-intestinaux comme un ulcère gastroduodénal, des polypes intestinaux ou un cancer colorectal sont également susceptibles de provoquer cette forme d’anémie. La particularité avec ces derniers est qu’ils provoquent une faible et constante perte de sang par les selles sur une période relativement longue.

L’anémie causée par une maladie chronique

De nombreuses maladies chroniques et parfois leur traitement peuvent faire baisser la quantité de globules rouges qui circulent dans le sang. On retrouve dans cette catégorie de maladies les cancers, la maladie de Crohn ou encore le sida. Viennent s’ajouter les maladies inflammatoires comme l’arthrite rhumatoïde, les maladies gastro-intestinales ou du foie qui peuvent elles aussi provoquer une anémie. Les personnes atteintes d’insuffisance rénale peuvent être sujettes à l’anémie. Cela se révèle possible, car les reins sont les organes sécréteurs de l’érythropoïétine, une hormone qui stimule la production de globules rouges. Cette dernière peut donc baisser si les reins ne parviennent plus à assumer convenablement leurs fonctions.

L’anémie hémolytique

L’anémie hémolytique est un type d’anémie provoqué par une destruction trop rapide des globules rouges. Une anomalie de ce genre peut provenir :

  • D’une réaction du système immunitaire (auto-immune ou allergique) ;
  • De la présence de toxines dans le sang ;
  • D’infections diverses, notamment la malaria.

L’anémie sidéroblastique

L’anémie sidéroblastique regroupe un ensemble d’anémies particulièrement rares et qui se caractérisent par une incapacité des globules rouges à fixer le fer dans l’hémoglobine. C’est un problème enzymatique qui peut être d’origine héréditaire ou acquise : les globules rouges se présentent alors sous une taille plus petite que la normale.

L’anémie aplasique

Également connue sous la dénomination d’anémie aplastique, l’anémie aplasique survient lorsque la moelle osseuse ne produit plus suffisamment de cellules souches sanguines. On assiste dans ce cas à une insuffisance du plusieurs composantes clés du sang, notamment les globules rouges, les globules blancs ou les plaquettes sanguines. L’anémie aplasique peut également être causée par des agents toxiques, certains médicaments ou encore par une exposition à des radiations.

Dans tous les cas, quelle que soit la cause de l’anémie dont on souffre, celle-ci se manifeste par des symptômes qui permettent de l’identifier ou d’avoir tout au moins la puce à l’oreille.  

Les symptômes de l’anémie


Les personnes touchées par une anémie légère ne le constatent pas immédiatement. L’intensité des symptômes varie en effet en fonction de la gravité de l’anémie, de son type et de sa vitesse d’apparition. Dans le cas d’une apparition progressive, les symptômes peuvent se révéler moins perceptibles. Néanmoins, il demeure possible de reconnaître ce mal lorsque les signes suivants deviennent apparents :

  • Une fatigue inhabituelle et persistante : elle provient de l’incapacité de l’hémoglobine à transporter l’oxygène dans les tissus de l’organisme ;
  • Des étourdissements et vertiges, des difficultés à se lever d’une chaise ou la sensation de la tête qui tourne ;
  • Une pâleur : elle est clairement perceptible à l’intérieur des paupières, au niveau des lèvres ou des ongles ;
  • Des palpitations ;
  • Des maux de tête ;
  • Une baisse du désir charnel ;
  • Des difficultés à se concentrer ou à mener des activités quotidiennes ;
  • Pour les formes d’anémie grave, des douleurs dans les membres, le dos, la poitrine ou dans l’abdomen, des troubles visuels ;
  • Un manque considérable de motivation ou d’entrain au travail et bien d’autres symptômes.

Face à ces divers symptômes, il est fortement recommandé de se rendre en consultation chez son médecin. En effet, une anémie sévère ou qui dure longtemps peut entraîner de sérieuses conséquences cardiaques (notamment une aggravation des maladies comme l’angine de poitrine, l’insuffisance cardiaque…) ou pulmonaires. Les différents symptômes ci-dessus énumérés doivent davantage alerter les personnes qui se retrouvent dans les cas suivants :

  • Les femmes enceintes, car le bébé se nourrit avec les réserves de fer de la mère ;
  • Les personnes ayant une alimentation peu riche en fer ;
  • Les personnes qui ont opté pour une alimentation végétarienne ;
  • Les femmes qui perdent de grandes quantités de sang au cours leurs menstruations ;
  • Les personnes soumises à un traitement constitué d’aspirine ou d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS).
  •  Pour permettre à son patient de recouvrer sa pleine santé, le médecin passera à l’étape du traitement.

Anémie : quels traitements ?

L’anémie est un problème de santé qui ne se traite pas grâce à un seul traitement comme dans le cas de certaines maladies. Le médecin traitant choisira un traitement spécifique en fonction des causes de l’anémie.

Anémie causée par une carence en fer

Lorsque l’anémie dont souffre une personne est due à un manque de fer, le médecin traitant peut prescrire des comprimés à prendre par voie orale afin de pallier le déficit. Dans certains cas, le médecin peut opter pour une administration de fer au patient par perfusion intraveineuse. Ce spécialiste de la santé invitera également le patient à consommer des aliments riches en fer. Dans cette catégorie d’aliments, on retrouve les lentilles, les huîtres, le persil, les abats ou encore le germe de blé.

Anémie due à une carence en vitamine B12

Si le médecin identifie une anémie de Biermer (abaissement du nombre de globules rouges lorsque le corps est incapable d’absorber la vitamine B12 en dose suffisante), il peut prescrire la vitamine B12 en injections intramusculaires. S’il s’agit plutôt d’une carence d’origine alimentaire, le médecin pourra par exemple prescrire des médicaments. Ces derniers demeurent également la solution si la carence résulte d’un problème digestif.

Anémie causée par une maladie

Dans les cas où l’anémie tient sa source d’une maladie, le traitement ne consistera pas en une simple prescription de comprimés comme dans les cas ci-dessus énoncés. Le médecin mettra ici tout en œuvre pour soigner la pathologie responsable de l’anémie. Telle sera la solution dans les cas des inflammations chroniques, de maladies rénales chroniques, d’anémie hémolytique ou de drépanocytose. Le traitement de l’anémie hémolytique acquise (non congénitale) par exemple nécessitera la prescription des immunosuppresseurs ou corticostéroïdes.

Anémie due à une carence en vitamine B9

Lorsque le manque de la vitamine B9 dans l’organisme est la cause de l’anémie, le médecin peut recommander au patient la consommation d’aliments riches en folates comme le foie, les légumineuses, les épinards, les asperges ou le riz complet. Le médecin pourra également prescrire des comprimés d’acides foliques qui ont pour effet de réduire et d’éviter la carence.

Quid du traitement des anémies graves ?


À situations exceptionnelles, mesures exceptionnelles ! Lorsqu’un patient souffre d’une forme très grave d’anémie, le médecin peut recourir à des solutions particulières. En fonction du cas à traiter, le médecin pourra opter pour des injections d’érythropoïétine synthétique, une transplantation de moelle osseuse ou pour une transfusion sanguine.

Anémie : les personnes à risque

Bien que l’anémie soit un problème de santé commun à tous les êtres humains, il existe certaines personnes susceptibles d’en souffrir plus aisément que d’autres. On retrouve dans cette catégorie :

  • Les personnes dont l’hérédité les prédispose à souffrir d’anémie ;
  • Les personnes d’un âge avancé, car l’absorption des vitamines peut devenir complexe ;
  • Les personnes souffrant d’une infection virale grave comme les hépatites ou le VIH ;
  • Les personnes qui ont suivi des traitements de radiothérapie contre le cancer ou qui ont été exposées à des radiations nucléaires ;
  • Les femmes enceintes ou allaitantes ;
  • Les femmes qui possèdent des menstrues abondantes.

À côté des personnes à risque, on retrouve les facteurs à risque qui peuvent eux aussi faire croître les risques de souffrir d’anémie. Il s’agit notamment :

  • De l’alcoolisme : l’alcool fait perdre à la moelle osseuse les éléments de base dont elle a besoin pour fabriquer les globules rouges. Cette substance peut même attaquer ces derniers et ainsi causer leur destruction. Cet état de choses peut provoquer une anémie ;
  • La prise de certains médicaments ;
  • Une alimentation carencée en fer et en vitamines B12 ;
  • Une exposition à certains produits chimiques comme le plomb ;
  • L’origine ethnique : certaines formes d’anémie sont liées à des maladies récurrentes dans certaines zones du globe. Tel est notamment le cas des formes de thalassémies présentes sur le pourtour méditerranéen ;
  • Un séjour en région à fort risque de paludisme.

Comment prévenir ou limiter les risques de souffrir d’une anémie ?

À l’instar des autres problèmes de santé, l’anémie peut également être évitée. Pour y arriver, il faudra adopter un certain nombre d’habitudes quotidiennes.

Bien s’alimenter

La plupart des anémies provoquées par des carences alimentaires peuvent être évitées en accordant une attention particulière à ce que l’on met dans son assiette au quotidien.

La carence en fer étant l’une des premières causes de l’anémie, l’on peut prévenir celle-ci en optant pour une alimentation riche en fer. Certains aliments sont connus pour être de véritables sources de fer. Les consommer régulièrement permet donc de procurer à son organisme ce précieux nutriment. Les principales sources naturelles de fer sont la viande, la volaille, le poisson et les palourdes. Il est également présent dans les céréales, les noisettes, les fruits secs, le pois, les haricots ou le cresson.

Les aliments riches en vitamine B12 ont eux aussi un rôle important à jouer dans la prévention de l’anémie. Cette vitamine dont la consommation est fortement conseillée par les médecins est présente dans les viandes en général, le lait, le foie de veau, le poisson et le jaune d’œuf.

À ces différents aliments, il faudra ajouter ceux qui sont riches en folates, notamment la vitamine B9. On retrouve cette dernière dans des aliments comme la betterave, le chou, les épinards, les haricots verts, les petits pois, la carotte, la laitue, le concombre, les navets, la pomme de terre, le poisson ou encore la viande.

La prévention en cas de maladie chronique

Lorsque l’on souffre de l’une des maladies chroniques présentées plus haut, la meilleure manière d’éviter une anémie est de se soumettre à un suivi médical adéquat. Consulter régulièrement son médecin et suivre ses conseils permet de limiter les risques de souffrir d’une anémie.

Par ailleurs, lorsque l’on doit manipuler des produits toxiques, il faut s’assurer de prendre toutes les dispositions sécuritaires qui s’imposent dans ce genre d’activité.

Guillaume

A propos de l'auteur: Guillaume

Hématologue dans un grand centre hospitalier en région parisienne, je gère le site dondusang.net depuis 2019.

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